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Une adaptation de La Traviata à l’Hôtel Dosne-Thiers

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Paris. Hôtel Dosne-Thiers. 07-VI-2021. Giuseppe Verdi (1813-1901) La Traviata, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Patrizia di Paolo. Costumes : Atelier Nicolao. Avec : Armelle Khourdoïan, Violetta ; Christophe Poncet de Solages, Alfredo Germont ; Laurent Arcaro, Giorgio Germont ; Philip Richardson, piano et chef de chant ; Anne Balu, violon ; Carlotta Persico, violoncelle

Démarche louable dans une période compliquée, l’opéra « en immersion » proposé à l’Hôtel Dosne-Thiers autour de La Traviata trouvera, on l’espère, sa pleine mesure sans les conditions sanitaires actuelles.

Le programme de la soirée nous prévient de la sorte : « Tout à coup, Violetta offre une coupe de champagne à l’une des personnes présente dans le public. Un peu comme si elle nous recevait dans son salon au XIXᵉ siècle. » Les expériences immersives sont à la mode même si ce concept lyrique est déjà proposé à Venise depuis de nombreuses années avec la même héroïne à sa tête. La popularité de l’opéra de Verdi, l’un des plus connus du répertoire, permet en effet la création d’adaptations diverses et variées. Celle-ci, destinée à un piano, un violon et un violoncelle, est plutôt fine alors que seuls deux des trois principaux protagonistes sont présents, exposant l’ouvrage à ses principaux moments, même si la suppression de la cabalette d’Alfredo qui ne nécessitait que l’intervention du ténor reste pour nous incompréhensible. Pas de chœur, pas de seconds rôles, pas de décor ni de mise en scène élaborée mais de jolis costumes classiques de l’atelier vénitien Nicolao : le concept d’Opera a Palazzo est connu.

L’expérience se déroule dans l’hôtel particulier d’Adolphe Thiers, dans le neuvième arrondissement de Paris, prévoyant en guise de préambule une visite de la bibliothèque de l’ancien propriétaire, journaliste et historien. Encore faut-il, pour en profiter pleinement, oublier son rôle dans la répression sanglante de la Commune en 1871, et être férocement bonapartiste, puisque la plupart des ouvrages sont consacrés au premier empereur.

De retour au rez-de-chaussée pour assister à la représentation, c’est entre deux salons situés côte-à-côte que l’action se déroule : l’un des salons figure la vie sociale de Violetta, avec une table garnie d’une nappe blanche ; et l’autre matérialise sa vie intime, meublé d’un canapé et d’un secrétaire. Les conditions sanitaires imposent la présence d’une trentaine de spectateurs seulement, tous disposés assis, alors que le projet de départ était une véritable immersion au sein du spectacle, incluant une interaction concrète avec les interprètes. De même, l’occasion était belle d’en profiter pour visiter les jardins, verre de champagne à la main offert durant l’intermède, mais la fondation Dosne-Thiers a accordé, et c’est tout à son honneur, leur jouissance à la Ville de Paris. En conséquence, après une certaine heure, les espaces extérieurs de l’Hôtel sont clos pour ses visiteurs.

La soirée se déroule avec une très jolie distribution vocale.  est une Violetta plus qu’accomplie, voire enthousiasmante. et sont de solides Germont fils et père, qui ont toutefois tendance à tout chanter forte, sans prêter trop d’attention aux nuances et aux couleurs. L’événement dans son ensemble comporte selon les dates trois Violetta, quatre Alfredo et quatre Giorgio Germont, on ne saurait donc préjuger de la qualité des autres distributions.

A la fin de la soirée, l’un des organisateurs vient présenter ses excuses, et expliquer que le concept n’a pas été développé comme prévu en raison de la pandémie, du port du masque obligatoire et des autres mesures sanitaires. Même si cela était prévisible pour les spectateurs présents, peut-être serait-ce judicieux de le préciser lors des réservations, ou juste avant le début du spectacle, pour ne pas générer une quelconque déception auprès d’un public non averti.

Crédit photographique : © Denis Mareau

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Paris. Hôtel Dosne-Thiers. 07-VI-2021. Giuseppe Verdi (1813-1901) La Traviata, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : Patrizia di Paolo. Costumes : Atelier Nicolao. Avec : Armelle Khourdoïan, Violetta ; Christophe Poncet de Solages, Alfredo Germont ; Laurent Arcaro, Giorgio Germont ; Philip Richardson, piano et chef de chant ; Anne Balu, violon ; Carlotta Persico, violoncelle

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