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De très belles Suites françaises de Bach par Lilianna Stawarz au clavecin

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Suites françaises n° 1-6 BWV 812-817. Lilianna Stawarz, clavecins. 2 CD DUX. Enregistrés les 24 et 25 janvier 2020 à Łódź (Pologne) dans la Galerie des glaces du Conservatoire de Musique Henryk Wieniawski. Livret en polonais et anglais. Durée totale : 107:12

 

Parmi les grands noms qui ont gravé les Suites pour clavecin de J.S. Bach, il faudra désormais insérer celui de , qui propose des Suites françaises une lecture féminine, souriante, et d’autant plus distinguée qu’elle ne cherche pas à le paraitre.

Il est traditionnel de dire que les Suites françaises sont un peu moins brillantes et imaginatives que les Suites Anglaises, qu’elles sont plus pédagogiques et plus domestiques si on en croit l’usage auquel Bach semble leur avoir destinées. En même temps, elles sont aussi plus homogènes, plus unifiées stylistiquement, plus fidèles à la succession des danses qui justifie cette expression de « Suite française », et ainsi plus proche de l’esprit des clavecinistes français que Bach admirait.

, qui n’en est pas à son premier CD en tant que soliste, aborde ce corpus avec une sérénité, une énergie et une grâce tout à fait séduisantes. Le toucher est délicat mais volontaire. Les lignes mélodiques sont élégantes, et les ornementations à la fois discrètes et piquantes. Elle donne à chaque pièce un caractère bien marqué, que ce soit dans la tranquillité ou dans l’excitation, comme dans la Courante de la cinquième Suite, presque explosive, suivie d’une Sarabande lente et méditative. Pour autant, chaque Suite conserve son unité d’ensemble. Ce qui est encore plus remarquable, c’est l’évolution que la claveciniste polonaise donne à ce concert. Il n’est besoin que d’écouter les six Gigues, chacune concluant chaque Suite, pour admirer la montée en puissance qu’imprime Lilianna Stawarz de Suite en Suite, pour atteindre une sorte d’apothéose de griserie. Ni prosaïques, ni luthériennes, ces Suites-là dispensent une aménité et une poésie délicieuses, de la façon la plus naturelle et la plus spontanée qui soit. Lilianna Stawarz ne cherche pas la grandeur, l’architecture, mais par une sensibilité et un esprit instinctifs, elle nous fait trouver un sentiment d’élévation, de fête, de bonheur de vivre et de danser.

Le clavecin choisi s’adapte très bien à cette lecture. Il s’agit d’une copie de Taskin de 1769, donc bien dans l’esprit français du XVIIIe, au son brillant et très finement ouaté. On peut – à la grande rigueur – regretter que les timbres des différents registres ne se distinguent pas davantage, mais ce n’est qu’une vétille, qui ne gâche pas notre plaisir. La prise de son est bien équilibrée, sans réverbération excessive, ni trop près ni trop loin de l’instrument.

C’est une version très attachante que nous donne Lilianna Stawarz. Elle nous propose un Bach que tout le monde aimera : authentique, vivant et rafraichissant.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Suites françaises n° 1-6 BWV 812-817. Lilianna Stawarz, clavecins. 2 CD DUX. Enregistrés les 24 et 25 janvier 2020 à Łódź (Pologne) dans la Galerie des glaces du Conservatoire de Musique Henryk Wieniawski. Livret en polonais et anglais. Durée totale : 107:12

 
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