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Laurence Equilbey et l’Insula Orchestra magnifient deux symphonies de Louise Farrenc

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Louise Farrenc (1804-1875) : Symphonie n° 1 en do mineur op. 32 ; Symphonie n° 3 en sol mineur op. 36. Insula Orchestra, direction : Laurence Equilbey. 1 CD Erato. Enregistré du 4 au 6 mars 2021 à l’Auditorium Patrick Devedjian, La Seine Musicale, Boulogne-Billancourt, France. Notice trilingue : français, anglais, allemand. Durée : 64:51

 

et son présentent deux des trois symphonies de la compositrice .

Dans un monde totalement dominé par la gent masculine, une femme, fut-elle douée, avait fort peu de chance d’être admise et reconnue pour ses qualités de compositrice, et pourtant (1804-1875) réussit à gravir, certes partiellement, les marches conduisant à la reconnaissance de ses pairs et du public. Après avoir étudié auprès des fameux Hummel, Moscheles et Reicha, elle épouse le flûtiste et musicographe français Aristide Farrenc (1794-1865) qui la soutiendra constamment, et s’élève au-dessus du statut de musicienne de salon, sort plus ou moins accepté par la plupart des femmes de cette époque.

dont on ne compte plus les initiatives depuis plusieurs décennies s’attaque aux Symphonies n° 1 et n° 3 de Farrenc avec un enthousiasme communicatif, à la tête de l’, phalange constituée d’instruments d’époque qu’elle a fondée en 2012.

La Symphonie n° 1 en ut mineur écrite en 1841 voit le jour à Bruxelles le 25 février 1845 sous la baguette de et connaît sa première parisienne, salle du Conservatoire, en avril de la même année. Le journal La Belgique musicale du 27 février 1845 y décèle « du caractère, de la hardiesse et de la chaleur, et les masses instrumentales y sont mises en mouvement avec une entente remarquable des effets », mais plus encore constatait « qu’il peut être donné à une femme de marcher avec succès dans l’épineuse et sérieuse voie des Haydn, des Mozart et des Beethoven ». Le legs symphonique hexagonal, lui aussi, ne saurait être passé sous silence.

Quant à la Symphonie n° 3 en sol mineur, la plus connue et appréciée, elle date de 1847 mais n’est créée à Paris que le 22 avril 1849 à la Société des Concerts du Conservatoire sous l’autorité du chef Narcisse Giraud. Un observateur la compare aux symphonies de Mendelssohn et de Robert Schumann. A l’écoute on perçoit bien une inspiration globalement redevable de la tradition classico-romantique germanique avec une orchestration riche, de fines mélodies aux développements délicats et intéressants, des réminiscences beethovéniennes, un mouvement lent Adagio cantabile affichant une mélancolie sincère dénuée de pathos, des dynamiques habiles et des lignes empreintes d’une grande clarté que soulignent fort à propos Laurence Equilbey et son orchestre.

Ces derniers s’imposent désormais dans la discographie en dépit des honorables et recommandables enregistrements antérieurs de (Orchestre de Bretagne, 2001, Pierre Verany), Christoph König (Solistes Européens Luxembourg, 2017, Naxos), Johannes Goritzki (Orchestre philharmonique de la NDR, 1998, CPO).

Saluons cette lecture aussi précieuse qu’éclairante.

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Louise Farrenc (1804-1875) : Symphonie n° 1 en do mineur op. 32 ; Symphonie n° 3 en sol mineur op. 36. Insula Orchestra, direction : Laurence Equilbey. 1 CD Erato. Enregistré du 4 au 6 mars 2021 à l’Auditorium Patrick Devedjian, La Seine Musicale, Boulogne-Billancourt, France. Notice trilingue : français, anglais, allemand. Durée : 64:51

 
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