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Violon et vibraphone en duo au Louvre

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Paris. Auditorium du Louvre. 20-X-2021. Œuvres de Abraham Ellstein (1907-1963), Béla Bartók (1881-1945), Joseph Achron (1886-1943), Aaron Lebedeff (1873-1960), Illya Amar (né en 1978). Alexandra Soumm, violon ; Illya Amar, vibraphone et la participation de la chanteuse Noëmi Waysfeld

En écho à l’exposition « Venus d’ailleurs » au Musée du Louvre, Odyssées est le titre du concert en duo, et en tournée, réunissant la violoniste et le vibraphoniste .

Active sur la scène internationale, la violoniste est également à l’origine de l’association humanitaire Esperanz’Arts contribuant à diffuser la musique auprès de publics défavorisés. Côté pédagogie, elle vient d’être nommée professeur à la Hochschule de Vienne. Avec son partenaire , compositeur/arrangeur et percussionniste regardant davantage vers le jazz, elle nous transporte en Europe de l’Est à travers un programme aux accents yiddish mâtinés d’improvisation et de rythmiques populaires. Les interprètes se relaient au micro pour parler au public tandis que s’affichent en fond de salle les œuvres jouées, leur date et leur compositeur.

Avec l’Américain et sa pièce Yidl Mitn Fidl le ton est donné : veine mélodique expressive et intonations modales au sein d’une écriture accusant les contrastes, entre une introduction lente et introspective et une deuxième partie explosive et virtuose, penchant vers la danse et la vitalité rythmique de la musique populaire. Le violon est généreux et les graves somptueux sous l’archet très personnalisé d’Alexandra Soumm. Le jeu d’Illya Amar n’a ni la palette de couleurs ni la virtuosité de sa partenaire ; on lui doit cependant la totalité des arrangements à l’affiche de la soirée et plusieurs compositions originales.

Les Six Danses populaires roumaines de Bartók sont très (trop) souvent à l’affiche mais dispensent toujours la même fraicheur d’invention. Elles sont jouées avec une belle connivence par nos deux interprètes, tout comme les deux Duos (écrits pour deux violons) du maître hongrois, même si l’on perd en intimité et en richesse de texture avec le vibraphone. On revient au répertoire yiddish, où puise la plupart des titres de la soirée, avec la Mélodie hébraïque de et les sinuosités ornementales de la ligne ainsi qu’avec Roumania Roumania d’ ménageant là encore un début particulièrement vibrant au violon avant de propulser une musique pleine de vitalité, naviguant entre l’écrit et le non-écrit.

Parmi les quatre pièces d’Illya Amar au programme, on retiendra surtout Odysséa qui donne son titre au concert. La pièce de 2017 est écrit spécialement pour leur duo. Elle débute par une partie de vibraphone solo aux accents presque mélancoliques avant l’entrée du violon dont les intonations modales nous ramènent aux sources du folklore d’Europe de l’Est. L’œuvre fait chanter le violon et laisse apprécier les finesses d’archet et le nuancier de timbres d’une interprète de haut vol. Les trois autres pièces tirent leur inspiration de contrées plus lointaines encore (La danse du Sirrocco), bénéficiant d’un jeu de lumière suggestif et tirant vers le jazz et les ressorts de l’improvisation.

Au mitan du concert, les deux musiciens sont rejoints par Noëmi Waysfeld, comédienne et chanteuse bien connue du grand public : elle a même présenté sur le plateau de l’Athénée une version très personnelle du Voyage d’hiver de Schubert ! Elle chante ce soir en yiddish avec nos deux musiciens, prêtant sa voix grave et sensuelle à trois chansons dûment accompagnées voire doublées par le violon tout aussi chaleureux et ductile d’Alexandra Soumm.

La berceuse Donna Donna (qu’a chantée Claude François) et que l’on croyait sans âge ni port d’attache, est en fait à l’origine écrite en yiddish pour une comédie musicale jouée à New York en 1940. Elle est donnée en bis (et en yiddish) par Noëmi Waysfeld pour clore en douceur ces Odyssées, finalement assez peu voyageuses.

Crédit photographique : © Lyodoh Kaneko

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Paris. Auditorium du Louvre. 20-X-2021. Œuvres de Abraham Ellstein (1907-1963), Béla Bartók (1881-1945), Joseph Achron (1886-1943), Aaron Lebedeff (1873-1960), Illya Amar (né en 1978). Alexandra Soumm, violon ; Illya Amar, vibraphone et la participation de la chanteuse Noëmi Waysfeld

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