Plus de détails

Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Anthologie. Interprètes divers. 34 CD Warner Classics. Enregistrés entre 1904 et 2020. Livret par Marie-Gabrielle Soret en français, anglais, allemand. Durée totale : non précisée

 

Sur un principe comparable aux éditions récentes Berlioz, Ravel, Debussy ou Roussel, Warner Classics propose une anthologie de 34 disques à l’occasion du centenaire de la mort de Camille Saint-Saëns, le 16 décembre. Les œuvres principales y sont, dans le domaine symphonique, concertant, la musique de chambre, un peu du versant instrumental et vocal le moins connu, et le seul Samson et Dalila pour l’opéra. 

Au concert, Saint-Saëns est surtout célèbre pour Le Carnaval des animaux, la Symphonie n° 3 « avec orgue », la Danse macabre, le Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1, le Concerto pour violon et orchestre n° 3, le Concerto pour piano et orchestre n° 2, quelques pièces de genre pour violon et orchestre et l’opéra Samson et Dalila. Pourtant, Saint-Saëns a écrit près de 600 compositions sur une période de 80 ans (une première mélodie Le Soir date de 1841). Il s’est illustré dans tous les genres musicaux, et mérite qu’on se (re)plonge dans une œuvre foisonnante.

Pour constituer ce coffret, Warner Classics peut s’appuyer sur son riche catalogue, principalement chez EMI et Erato. On ne trouvera néanmoins pas la plupart des opéras, chœurs sacrés, profanes, des mélodies, le Requiem, le Psaume XVIII, l’oratorio Le Déluge, l’Oratorio de Noël, et le Concerto pour violoncelle et orchestre n° 2, entre autres, pour la simple et bonne raison qu’ils ne figurent pas au catalogue de Warner Classics. Mais ne boudons pas notre plaisir, beaucoup d’enregistrements remarquables, d’œuvres intéressantes se trouvent réunis dans ce coffret élégamment présenté. À commencer par les symphonies par l’Orchestre National de l’ORTF dirigées par , intégrale pionnière datant des années 1970, souvent rééditée, la Symphonie n° 3 « avec orgue » étant dans le cas présent issue du catalogue Erato (1966) avec en soliste Marie-Claire Alain. Plus rares et fort bienvenus, les poèmes symphoniques enregistrés en 1971 par et l’Orchestre de Paris. Dans le registre concertant et régulièrement réédité par contre, l’œuvre pour piano et orchestre dont les cinq concertos (Jean-Philippe Collard/), une excellente version moderne, ainsi que les pièces mineures pour violon et orchestre plus les trois concertos, dans l’interprétation d’Ulf Hoelscher et , moins essentiels de notre point-de-vue, tout comme d’ailleurs l’oubliable version du Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 (Rostropovitch/Giulini). Les tubes pour violon et orchestre (Introduction et Rondo capriccioso, Havanaise et Valse-Caprice) ont été retenus dans l’interprétation du jeune , rejoint par son frère Gautier dans La Muse et le poète. Louis Frémaux dans la version symphonique du Carnaval des animaux (1971), dans La Foi et Cyprès et lauriers, et une vaste anthologie concertante, très plaisante, par l’Ensemble Orchestral de Paris et complètent cette partie du coffret.

La musique de chambre est également bien représentée avec notamment des enregistrements fameux datant des années 1970 au début des années 1990 avec Jean Hubeau au piano, Olivier Charlier au violon et Roland Pidoux au violoncelle, la famille Tortelier dans le célèbre Trio avec piano n° 1, le Septuor et la version de chambre du Carnaval des animaux par divers solistes dont Michel Béroff, Jean-Philippe Collard, Alain Moglia, Michel Debost, le Quatuor Kandinsky pour le Quatuor avec piano, des solistes de l’ et Victoria Postnikova dans le génial Caprice sur des airs danois et russes. Warner Classics a également retenu des enregistrements chambristes récents avec les frères Capuçon et (Sonate pour violon n° 1, Trio avec piano n° 2). Saint-Saëns a par ailleurs composé à la fin de sa vie trois sonates pour instruments à vent qui figurent dans le coffret et méritent le détour.

En ce qui concerne la musique instrumentale, Saint-Saëns pianiste virtuose et organiste a beaucoup écrit pour ses instruments. Warner Classics a retenu une version méconnue des pièces d’orgue par Daniel Roth à Pithiviers (1978), et quelques morceaux, cycles d’études pour piano excellemment interprétés par Aldo Ciccolini, et .

La musique vocale se cantonne à un bouquet de mélodies par de multiples interprètes, enregistrements diversement réussis, la Messe à quatre voix par , et une très bonne version de Samson et Dalila, celle de Georges Prêtre en 1962 avec Jon Vickers et Rita Gorr.

Enfin, des transcriptions et arrangements variés d’œuvres de Saint-Saëns signés Debussy, Bizet, Godowsky, Nakariakov… complètent le coffret, comme une série d’enregistrements historiques qui convoquent Saint-Saëns lui-même (rééditions provenant du label APR), et Louis Fourestier dans les concertos pour piano et orchestre, le même chef dans des poèmes symphoniques et dans Samson et Dalila, Jascha Heifetz, Alfred Cortot et beaucoup d’autres.

Une belle somme qui malgré quelques réserves évoquées plus haut, fait honneur au compositeur français sous toutes ses facettes.

(Visited 613 times, 1 visits today)

Plus de détails

Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Anthologie. Interprètes divers. 34 CD Warner Classics. Enregistrés entre 1904 et 2020. Livret par Marie-Gabrielle Soret en français, anglais, allemand. Durée totale : non précisée

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.