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Les Petits Faust, spectacle diabolique de Laurent Martin

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Saint-Cloud. Théâtre Les 3 Pierrots.17-XII-2021. Laurent Martin (né en 1959) Les Petits Faust, comédie en chansons, texte et musique du compositeur. Méphistophélès, Lionel Muzin ; Marguerite, Isabelle Philippe ; Les petits Faust, la Maîtrise du Conservatoire de Saint-Cloud, dirigée par Marie Herbert ; guitare, Claude Barthélémy ; orchestre des professeurs du Conservatoire de Saint-Cloud : direction : Jean-Michel Despin

Écrits sur mesure pour la maîtrise et les professeurs du Conservatoire de Saint-Cloud par leur directeur , Les Petits Faust revisitent en paroles et en chansons le mythe bien connu.

Le spectacle accueille parents et enfants au Théâtre Les 3 Pierrots de Saint-Cloud. Cette comédie en chansons alerte et mignonne a été conçue de bout en bout, texte, musique, scène et costumes par durant le confinement. Elle déroule vingt scènes au fil d’un scénario bien ficelé, plein d’humour et de finesse, qui regarde vers L’Histoire du soldat de Stravinsky mais pas que…

 

Voici où en était l’histoire : en ces périodes un peu calmes, Méphistophélès s’ennuie tandis que les Petits Faust (les enfants des enfants de Faust) filent le parfait bonheur avec leur maîtresse, la grande Marguerite (« Coucou! Les scoubidous! »). Mais le zéro qui s’inscrit sur l’une des copies qu’elle vient de leur rendre crée le trouble dans les rangs et fournit à Méphistophélès son premier client. En échange de la flûte que lui a donné le Petit Faust, Méphistophélès lui montre sa machine et le pouvoir de ses calculs qui lui promet un avenir radieux sans avoir à travailler (« C’est le bonheur »). Le pacte est conclu et les Petits Faust, branchés sur le site diabolique « mefitoi.com », sont privés de leurs jambes et de leurs mains (« Les empotés »). Méphistophélès triomphe mais les enfants se souviennent de Marguerite (« La forêt ») et de son amour que la machine est incapable de leur donner. Marguerite est retrouvée (les bras et les jambes aussi) et Méphistophélès métamorphosé, qui tombe à son tour amoureux de la grande dame (Duo d’amour). Quant aux Petits Faust, ils n’ont plus qu’à « s’débrouiller! ».

Une vingtaine d’élèves (de huit à treize ans), pull jaune, pantalon noir et gants nacrés, occupent la scène durant tout le spectacle, dirigés à distance par Marie Herbert ; à leur côté, le ténor Lionel Muzin ( professeur de chant au Conservatoire) est un Méphistophélès pince sans rire, tout à la fois comédien et chanteur, tandis qu’ Isabelle Philippe (La grande Marguerite) gouverne son petit monde du haut de son soprano agile et lumineux. À cour, et sous la direction exemplaire de Jean-Michel Despin, l’orchestre de chambre réunit quatorze musiciens dont une guitare électrique, celle de Claude Barthélémy pour qui Laurent Martin écrit un superbe solo accompagné par la batterie, entre rythmique soul et saturation.

Les vingt numéros qui rythment ce voyage d’apprentissage relèvent tout à la fois d’un imaginaire sonore plein de fantaisie et d’une réelle empathie pour le monde de la jeunesse à qui Laurent Martin offre ce bouquet foisonnant de chansons. L’invention mélodique le dispute à l’énergie rythmique que communique si bien les enfants, magnifiquement préparés par leur professeur et visiblement très heureux de jouer dans la cour des grands. Dans « Y a pas qu’nous », ils sont sur le bord de la scène et utilisent le langage des signes en chantant. « Y en a qui sont bonnes! » fait un excellent refrain pour une chanson en mode rap. Très drôle également, cette écriture bruitée du chœur qui pépie comme des oiseaux dans son dialogue avec Méphistophélès. Cachés pour un temps par le tulle blanc qui divise l’espace scénique, les enfants réapparaissent sans bras ni jambes (l’illusion est saisissante!), une boule lumineuse en médaillon et de drôles de lunettes sur le nez, piégés par un Méphistophélès au faîte de sa gloire.

L’orchestration est ciselée, qui renouvelle ses couleurs dans chacun des numéros. Les instruments s’immiscent également dans le récit de Méphisto : trémolos des cordes sur le chevalet comme dans les films à suspens ou infiltration discrète de la percussion. En phase avec la musique et ses interlocuteurs, Lionel Muzin pratique également le parlé-rythmé comme le Soldat de Stravinsky et fait valoir sa voix de ténor dans son air à la gloire des machines et dans le duo d’amour avec Marguerite. L’histoire se termine… en chanson ( » Ah ça mais! »), un tube, endiablé comme il se doit, la voix d’Isabelle Philippe rayonnant au-dessus du chœur.

Il reste à souhaiter que le spectacle parvienne aux yeux et aux oreilles des programmateurs et que l’aventure des Petits Faust se renouvelle, sur d’autres scènes et toujours en famille.

Crédit photographiques : © Valentine Déhan

 

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Saint-Cloud. Théâtre Les 3 Pierrots.17-XII-2021. Laurent Martin (né en 1959) Les Petits Faust, comédie en chansons, texte et musique du compositeur. Méphistophélès, Lionel Muzin ; Marguerite, Isabelle Philippe ; Les petits Faust, la Maîtrise du Conservatoire de Saint-Cloud, dirigée par Marie Herbert ; guitare, Claude Barthélémy ; orchestre des professeurs du Conservatoire de Saint-Cloud : direction : Jean-Michel Despin

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