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La Mégère apprivoisée, une adaptation épurée de l’œuvre de Shakespeare

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La Mégère apprivoisée. D’après la comédie de William Shakespeare. Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot. Musique : Dimitri Chostakovitch. Scénographie : Ernest Pignon-Ernest. Lumières : Dominique Drillot. Dramaturgie : Jean Rouaud. Costumes : Augustin Maillot. Avec : Ekaterina Petina, Catharina ; Matèj Urban, Petruchio ; Katrin Schrader, Bianca ; Jaeyong An, Lucentio ; April Ball, la Gouvernante ; Daniele Delvecchio, Gremio ; Anna Blackwell, la Veuve ; Simone Tribuna, Hortensio ; Christian Tworzyanski, Baptista ; Adam Reist, Grumio et les danseurs des Ballets de Monte-Carlo. Sous la présidence de S.A.R. la princesse de Hanovre. Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, direction : Igor Dronov. Réalisation : Louise Narboni. Bonus : De l’amour. Un documentaire sur Jean-Christophe Maillot, réalisé par Louise Narboni. 1 DVD Opus Arte. Sous-titres (pour les bonus uniquement) : français, anglais. Durée : 84 min (ballet) + 55 min (bonus)

 

Le chorégraphe reprend sa version de La Mégère apprivoisée avec les et propose une approche universelle et synthétique des méandres de l’amour.

Adaptée une première fois en ballet en 1969 par John Cranko, il a fallu attendre 2014 pour que la célèbre pièce de William Shakespeare, La Mégère apprivoisée, connaisse une seconde version par le chorégraphe . Si le spectacle fut d’abord créé pour le Ballet du Bolchoï (la compagnie y a suspendu son autorisation de présentation en raison de la guerre en Ukraine), ce sont les talentueux interprètes des qui incarnent les différents personnages dans cette production captée en juillet 2020 au Grimaldi Forum.

Ici, pas de mise en abîme ni de supercheries dont le grand dramaturge anglais est si friand. La narration de ce ballet se veut synthétique et se restreint à l’essence même de la pièce, quitte à prendre quelques distances avec l’œuvre de base. Baptista veut marier sa fille aînée au caractère bien trempé, Catharina, alors que c’est Bianca, sa cadette, qui récolte tous les regards des prétendants. Arrive alors l’exubérant Petruchio qui, ne se laissant pas démonter par sa forte personnalité, épousera finalement Catharina après avoir réussi à retenir son attention. Ce couple à la relation houleuse est alors mis en parallèle avec ceux formés par Bianca et Lucentio, Hortensio et la veuve, ainsi que Gremio et la gouvernante.

Dès son ouverture, La Mégère apprivoisée va droit au but en présentant immédiatement ses personnages et ses enjeux. L’efficacité de ce ballet doit d’ailleurs beaucoup à ses costumes qui parviennent à caractériser avec sobriété et élégance chaque protagoniste. Des éléments de décors blancs et minimalistes structurent de façon claire les différents lieux de la pièce, le tout porté par le lyrisme de la musique de . Le ballet est en effet entièrement chorégraphié sur des œuvres du compositeur russe, avec des extraits de suites de musiques de films comme Seule opus 26, Hamlet opus 116, Pirogov opus 76 et des passages de la Symphonie n° 9 opus 70 ou de la Symphonie de chambre opus 110a.

Ekaterina Petina est d’une authenticité et d’une justesse touchante dans le rôle principal de Catharina. Elle incarne une héroïne impétueuse et libre, qui d’abord dépassée par le carcan du mariage, finira par y trouver le bonheur. Matèj Urban met sa présence et sa technique au service d’un Petruchio fougueux et nuancé, moins prompt à la violence que le personnage orignal. Grâce à leur délicatesse et à la fluidité de leurs mouvements, Katrin Schrader et Jaeyong An, Bianca et Lucentio, viennent habilement faire contrepoint par la douceur et la candeur de leur personnage.

Enfin, c’est l’ensemble des artistes des Ballets du Monte-Carlo qui exécutent à la perfection les chorégraphies néoclassiques, ainsi que les passages de pantomime d’une lisibilité remarquable.

Cette pièce réussit un tour de force en proposant une relecture moderne, synthétique et pertinente d’un classique du théâtre élisabéthain. Il n’est plus question de « dompter » sa femme, mais de dépeindre la diversité des relations de couples, ainsi que de rappeler que chacun peut trouver l’amour, peu importe sa personnalité. On appréciera particulièrement la scène de réunion finale qui, sans en dévoiler trop, clôture le ballet avec légèreté et créativité sur une reprise d’un célèbre air de comédie musicale des années 20.

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La Mégère apprivoisée. D’après la comédie de William Shakespeare. Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot. Musique : Dimitri Chostakovitch. Scénographie : Ernest Pignon-Ernest. Lumières : Dominique Drillot. Dramaturgie : Jean Rouaud. Costumes : Augustin Maillot. Avec : Ekaterina Petina, Catharina ; Matèj Urban, Petruchio ; Katrin Schrader, Bianca ; Jaeyong An, Lucentio ; April Ball, la Gouvernante ; Daniele Delvecchio, Gremio ; Anna Blackwell, la Veuve ; Simone Tribuna, Hortensio ; Christian Tworzyanski, Baptista ; Adam Reist, Grumio et les danseurs des Ballets de Monte-Carlo. Sous la présidence de S.A.R. la princesse de Hanovre. Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, direction : Igor Dronov. Réalisation : Louise Narboni. Bonus : De l’amour. Un documentaire sur Jean-Christophe Maillot, réalisé par Louise Narboni. 1 DVD Opus Arte. Sous-titres (pour les bonus uniquement) : français, anglais. Durée : 84 min (ballet) + 55 min (bonus)

 
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