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Alireza Farhang : un compositeur entre deux mondes

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Alireza Farhang (né en 1976) : Anagrān pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano ; Elikā pour violoncelle ; Āzar, pour violon ; Harā pour violon et violoncelle ; Eiwān, pour violon, violoncelle et piano. Ensemble Court-Circuit : Anne Cartel, flûte ; Pierre Dutrieu, clarinette ; Jean-Marie Cottet, piano ; Aya Kono, violon ; Frédéric Baldassare (Elikā et Harā) et Julien Decoin (Anagrān et Eiwān), violoncelle ; direction : Jean Deroyer. 1 CD Stradivarius. Texte en français/anglais. Durée : 58:00

 

Elles sont enchaînées et empruntent leur titre à la mythologie persane. Les cinq pièces pour solistes et ensemble réunies dans ce premier CD monographique du compositeur franco-iranien forment « une seule et même constellation ».

Les titres, qui font tous référence à la mythologie de son pays natal, lui viennent une fois l’œuvre achevée, précise le compositeur, comme une résonance-vibration qui crée du lien avec sa culture. Anagrān (« Lumière infinie » en persan) est une succession de six « tableaux » pour flûte, clarinette, violon,violoncelle et piano, écrits entre 2014 et 2018 : musique de gestes animée de figures récurrentes (ces oscillations obsédantes) où s’exerce un art de la ligne, un faisceau de lignes qui contribue à l’écriture du timbre. Le son fluctue, ondule, ricoche, se distord et se transforme avec une énergie du geste sans cesse réactivée. Quelque chose d’obstiné, l’élan intérieur d’une incantation peut-être, s’entend dans Elikā, pièce pour violoncelle seul (Frédéric Baldassare) où le timbre s’élabore et l’image spectrale se dévoile, étirant les registres jusqu’à leur limite. Figure ornementale, friction microtonal, ricochets, bariolages, sont autant de figures qui s’articulent et projettent des images dans Āzar, la divinité du feu et du ciel de la mythologie persane qui nourrit ici l’imaginaire de notre compositeur : tel cet éclair jaillissant dans un ciel sombre qu’il évoque au sujet des harmoniques naturelles sous l’archet ductile d’Aya Kono. Mêmes ondulations du son et prédilection pour les régions lumineuses des deux instruments (violon et violoncelle) dans Harā où fusionnent les matériaux des deux pièces précédentes. L’enchevêtrement virtuose des lignes et la fluctuation temporelle des événements prennent ici une dimension quasi chorégraphique. Enfin, l’espace se creuse et l’horizon s’embrase dans Eiwān où les sonorités du piano, joué dans les cordes, et ses résonances prolongent et vitalisent celles des violon et violoncelle. C’est une invitation au voyage vers les terres d’Ispahan évoquées par le compositeur dont il semble recréer en images sonores les décorations fastueuses.

Les musiciens de Court-Circuit et leur chef sont les maîtres d’œuvre éclairés de cet univers singulier où se jouent la rencontre de deux cultures et la fusion de plusieurs héritages.

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Alireza Farhang (né en 1976) : Anagrān pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano ; Elikā pour violoncelle ; Āzar, pour violon ; Harā pour violon et violoncelle ; Eiwān, pour violon, violoncelle et piano. Ensemble Court-Circuit : Anne Cartel, flûte ; Pierre Dutrieu, clarinette ; Jean-Marie Cottet, piano ; Aya Kono, violon ; Frédéric Baldassare (Elikā et Harā) et Julien Decoin (Anagrān et Eiwān), violoncelle ; direction : Jean Deroyer. 1 CD Stradivarius. Texte en français/anglais. Durée : 58:00

 
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