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Archée de Mylène Benoit à Chaillot, chimère matriarcale

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Paris. Théâtre National de Chaillot. 8-VI-2022. Archée. Conception, mise en scène : Mylène Benoit. Création musique et voix : Pénélope Michel et Anne-Laure Poulain. Dramaturgie : Céline Cartillier. Assistante artistique : Lilou Robert. Dramaturgie sonore : Manuel Coursin. Création lumière et objets lumineux : Rima Ben Brahim. Scénographie : Juliette Dupuy / Studio Formule et Mylène Benoit. Construction scénographie : Antoine Misery / Artcomposit. Costumes : Frédérick Denis assisté de Louise Dael. Accessoires : Maeva Cunci. Collaboration artistique : Magda Kachouche, Delphine Lermite, Bérangère Vallet. Partage de pratiques voix et corps : Emilie Domergue, Marie-Pascale Dubé, Laurence Oriou, Nina Santes, Corine Sombrun / TranceScience Research Institute (Transe). Régie son : Frédéric Marchand, Emmanuel Gautier (en alternance). Régie lumière : Rima Ben Brahim, Charles Buisine (en alternance). Direction technique : Joris Valet. Directrice de production : Fanny Virelizier. Administration : Sarah Calvez. Production, diffusion, communication : Camille Martin-Sermolini. Avec : Célia Gondol, Hanna Hedman, Sophie Lebre, Agnès Potié,Tamar Shelef, Wan-Lun Yu, Bi-Jia Yang (danse et alternance) et Pénélope Michel (musique). Avec les voix de Anna Agafonova, Vibanghi Ameta, Rima Ben Brahim, Elena Berezovskaya, Claire Bisman, Céline Cartillier, Eva Deligiannidis, Marie-Pascale Dubé, Florence Gravas, Yuika Hokama, Magda Kachouche, Michèle Kachouche, Pierrette Le Berre, Delphine Lermite, Elaine Liu, Camille Martin-Sermolini, Marianne Pichonnat, Marie Pons, Justine Pluvinage, Annabelle Playe, Anne-Laure Poulain, Tamar Shelef, Pin-Wen Su, Fanny Virelizier

explore dans Archée les commencements d’un état de nature du matriarcat en projetant fantasmes et réalités éprouvées sur une scène devenue terrain de jeu théâtral et chorégraphique.

Le centre du plateau est vide. À jardin, une masse de tissu, comme un petit monticule, se déverse sur la scène, futur canapé où les interprètes se délasseront un instant. Surmontant cette forme, une sculpture d’argent évoquant un Dubuffet stylisé, reflète les lumières froides latérales. À cour, la même sculpture, les mêmes reflets. En fond de scène des pans de murs noirs. La scénographie est simple, Mylène Benoit, plasticienne et chorégraphe, sculpte l’espace pour servir son discours sur le matriarcat, mêlant texte, musique, performance et chant.

Les onze interprètes, perdues derrière le décor, se font écho au travers de sonorités primitives, langage instinctif de défense, de rassemblement, de cohésion de groupe, de responsorium originel. Dès le commencement, voici un appel à une chimère poétique et sonore pour suggérer un possible retour aux sources. Les interprètes se lancent ensuite dans un partage de la parole touchant et intelligent, dans des langues étrangères et partagées, créant avec ce groupe hétérogène une proposition cohérente d’alternatives aux discours normés contemporains. Puis vient le temps de la danse et de la performance. Les corps se dessinent grâce à des pigments et s’enduisent de peinture pour faire trace sur le plateau, inscrivant dans l’espace les empreintes délicatement déposées de combats pour la mémoire.

Ce retour aux commencements d’une humanité féminine, évoquant aussi bien les mise en scènes plastiques de Silvia Costa que les recherches performatives de Marie Chouinard, expose une nature originelle forgée dans l’expérience intime de ses interprètes. Une matrice sensible prend vie pour établir les bases d’un discours original, tribal et bienveillant, possible tremplin vers une société repensée. Et même si le rythme gagnerait à être resserré et le propos à être précisé, cette pièce protéiforme porte en elle de grandes ambitions louables et bienvenues.

Crédits photographiques : © Delphine Lermite

 
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Paris. Théâtre National de Chaillot. 8-VI-2022. Archée. Conception, mise en scène : Mylène Benoit. Création musique et voix : Pénélope Michel et Anne-Laure Poulain. Dramaturgie : Céline Cartillier. Assistante artistique : Lilou Robert. Dramaturgie sonore : Manuel Coursin. Création lumière et objets lumineux : Rima Ben Brahim. Scénographie : Juliette Dupuy / Studio Formule et Mylène Benoit. Construction scénographie : Antoine Misery / Artcomposit. Costumes : Frédérick Denis assisté de Louise Dael. Accessoires : Maeva Cunci. Collaboration artistique : Magda Kachouche, Delphine Lermite, Bérangère Vallet. Partage de pratiques voix et corps : Emilie Domergue, Marie-Pascale Dubé, Laurence Oriou, Nina Santes, Corine Sombrun / TranceScience Research Institute (Transe). Régie son : Frédéric Marchand, Emmanuel Gautier (en alternance). Régie lumière : Rima Ben Brahim, Charles Buisine (en alternance). Direction technique : Joris Valet. Directrice de production : Fanny Virelizier. Administration : Sarah Calvez. Production, diffusion, communication : Camille Martin-Sermolini. Avec : Célia Gondol, Hanna Hedman, Sophie Lebre, Agnès Potié,Tamar Shelef, Wan-Lun Yu, Bi-Jia Yang (danse et alternance) et Pénélope Michel (musique). Avec les voix de Anna Agafonova, Vibanghi Ameta, Rima Ben Brahim, Elena Berezovskaya, Claire Bisman, Céline Cartillier, Eva Deligiannidis, Marie-Pascale Dubé, Florence Gravas, Yuika Hokama, Magda Kachouche, Michèle Kachouche, Pierrette Le Berre, Delphine Lermite, Elaine Liu, Camille Martin-Sermolini, Marianne Pichonnat, Marie Pons, Justine Pluvinage, Annabelle Playe, Anne-Laure Poulain, Tamar Shelef, Pin-Wen Su, Fanny Virelizier

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