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Luc Ferrari (1929-2005) : Bonjour, comment ça va, pour violoncelle, clarinette et harpe ; Tautologos III, partition-texte ; À la recherche du rythme perdu, pour harpe, percussion et sons fixés (version 1) ; pour harpe et électronique live (version 2). Hélène Breschand (née en 1966) : L, pour flûte, clarinette, violoncelle, harpe, percussion et sons fixés. Sylvain Kassap (né en 1956) : Arezzo, pour flûte, clarinette, violoncelle, harpe, percussion et sons fixés. Ensemble Laborintus : Hélène Breschand, harpe ; César Carcopino, percussions ; Sylvain Cassap, clarinettes ; Franck Masquelier, flûtes ; Anaïs Moreau, violoncelle ; avec la voix de Brunhild Ferrari. 1 LP Planam. Enregistrés à La Muse en Circuit (Alfortville) en 2019. Texte en anglais. Durée : 60 minutes

 

Le collectif Laborintus, six musiciens en quête d’émotion sonore, rend hommage au regretté dans un double disque vinyl croisant les œuvres du compositeur avec celles de et .

a abordé tous les domaines de la création sonore, de l’œuvre écrite dans ses formations les plus diverses à la musique acousmatique qu’il rencontre grâce à Pierre Schaeffer et le Groupe de Recherches Musicales où il va travailler durant une dizaine d’années… avec ce même désir d’abolir les frontières entre les genres et en prônant l’art en tant que vie : bruissements de la nature, rumeur du monde, sensualité voire érotisme irriguent sa création où l’humour le dispute à la poésie. Tautologos III (1969) entendu en introduction et dans les interstices des pièces au programme est une partition-texte, sans durée ni formation instrumentale précisées, dans laquelle les « tautologueurs » (les membres de Laborintus) recourent parfois à l’amplification de leurs instruments. « Qu’est-ce donc, dans sa croissance organique, qu’un développement musical, sinon une tautologie commandée par les lois mystérieuses, obscures parfois, de la Nature et de la Vie ?», nous dit le compositeur. C’est à un voyage délicatement relié, pour se promener dans le son entre concret et abstrait, que nous invitent les musiciens de Laborintus, avec (et autour de) la musique de Luc Ferrari.

Bonjour, comment ça va ? (1972-1979) est une pièce pour piano transcrite pour la harpe d’ avec l’autorisation de Luc Ferrari. Les instrumentistes font tourner de brèves figures mélodiques qui se contaminent, évoluent et se transforment à mesure sans que la fluidité des échanges et la cinétique du mouvement soient inquiétés. « Viens voir », nous dit une voix amie dans Arezzo, (la ville où est décédé Luc Ferrari) de . La pièce mixte réutilise les sons archivés du compositeur (grillons, oiseaux nocturnes, cloche d’un village, etc.). Débutant dans l’intimité des échanges entre harpe et clarinette, la musique prend corps, s’étoffe et trouve sa plénitude sous les doigts des cinq instrumentistes.

Comme Arezzo, L d’Hélène Breschand, composé pour les musiciens de Laborintus, puise dans le jardin de sons de Ferrari. La pièce débute avec la partie électroacoustique d’où vont émerger les instruments jusqu’à éliminer les sons enregistrés : souffle de la flûte, pizzicati en glissando, lignes courbes, figures dépressives, etc. La pièce bascule brusquement dans une autre énergie, sorte de théâtre de sons à la Kagel (harpe zingante, voix dans les instruments). Le flux tendu progresse dans l’ambiguïté des sources jusqu’à saturation de l’espace.

« Dans À la recherche du rythme perdu », écrit Ferrari, je voudrais m’adresser à des musiciens venus du jazz. Ce qui veut dire que les notes qui sont pour les musiciens classiques un code de jeu, sont ici des indications d’ambiance, plus que des signes à reproduire instrumentalement ». Un espace est laissé à l’interprète dans une pièce dont on entend d’ailleurs deux versions différentes. La pièce pour piano, percussion ad libitum et bande (1972-1978) est transcrite pour la harpe (avec l’autorisation de Brunhild Ferrari). Le matériau est économe, favorisant une figure ornementale qui tourne dans les aigus de la harpe et des percussions privilégiant les peaux sèches et tendues que l’interprète fait crépiter au sein d’un discours qui se complexifie et fait monter la tension dans une manière de transe. La seconde version sollicite toujours la harpe d’Hélène Breschand à laquelle s’associe l’électronique en temps réel d’eRikm : la palette de sonorités s’est enrichie, nourrie par l’imagination sonore d’Hélène Breschand et l’apport des logiciels de transformation (halo de résonance, mouchetage et distorsion).

Au terme du processus (et de chacune des œuvres au programme), le décor s’ouvre sur l’extérieur, ramenant progressivement le chant des grillons et des oiseaux de nuit : Ainsi continue la musique de Ferrari, dans notre tête multiple…

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Luc Ferrari (1929-2005) : Bonjour, comment ça va, pour violoncelle, clarinette et harpe ; Tautologos III, partition-texte ; À la recherche du rythme perdu, pour harpe, percussion et sons fixés (version 1) ; pour harpe et électronique live (version 2). Hélène Breschand (née en 1966) : L, pour flûte, clarinette, violoncelle, harpe, percussion et sons fixés. Sylvain Kassap (né en 1956) : Arezzo, pour flûte, clarinette, violoncelle, harpe, percussion et sons fixés. Ensemble Laborintus : Hélène Breschand, harpe ; César Carcopino, percussions ; Sylvain Cassap, clarinettes ; Franck Masquelier, flûtes ; Anaïs Moreau, violoncelle ; avec la voix de Brunhild Ferrari. 1 LP Planam. Enregistrés à La Muse en Circuit (Alfortville) en 2019. Texte en anglais. Durée : 60 minutes

 
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