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Emmanuelle Bertrand joue le Concerto de Marie Jaëll à Rennes

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Rennes. Couvent des Jacobins. 19-X-2022. Paul Ladmirault (1877-1944) : Brocéliande au matin, poème symphonique. Marie Jaëll (1846-1925) : Concerto pour violoncelle et orchestre. Gabriel Fauré (1845-1924) : Élégie en ut mineur pour violoncelle et orchestre, op. 24. Emmanuelle Bertrand, violoncelle. Georges Bizet (1838-1875) : Roma. Orchestre National de Bretagne, direction musicale : Grant Llewellyn

Suspendu par la pandémie, le projet d’ d’interpréter le Concerto pour violoncelle de à Rennes s’est enfin concrétisé, dans un programme romantique français associant également des œuvres de Fauré, Ladmirault et Bizet.


En 2021, avait partagé avec nous son projet concernant le Concerto pour violoncelle de la compositrice romantique , née en Alsace en 1846. Mise dans les mains de la violoncelliste par la Fondation Palazzetto Bru Zane, la partition en trois mouvements malheureusement trop peu entendue au concert, met au jour un style pourtant personnel pour lequel il est définitivement regrettable que la misogynie de l’époque n’ait pu permettre le complet épanouissement.

Accompagnée d’un dont la petite harmonie trouve plus de justesse et de couleur que des cuivres non exempts de scories, Emmanuelle Bertrand livre une prestation enthousiaste de cette œuvre de vingt minutes d’abord portée par les cordes graves, avant que le violoncelle ne vienne s’y intégrer par son joli chant. Bien accompagnée par les bois, la soliste évolue vers un Andantino sostenuto auquel elle apporte tout son lyrisme, avant de reprendre un caractère plus dansant avec le Vivace molto, où s’insère une cadence développée par le vibrato des graves de la soliste.

Passée le concerto, les mêmes se retrouvent pour la plus célèbre Élégie opus 24 de Gabriel Fauré, dans sa version pour violoncelle et orchestre. Interprétée sans exagération par la soliste comme par l’ensemble orchestral sous la direction de , la courte pièce ne recherche pas ici la déploration ou le côté larmoyant, et se voit tout simplement livrée avec réserve et pudeur.

En ouverture du programme romantique français, la formation bretonne revenait à un compositeur dont elle a gravé vingt ans plus tôt un album référent, sous la direction de Stefan Sanderling. Né à Nantes et mort dans le Morbihan, a toujours été un fervent défenseur de sa région et composa en 1902 un opéra sur Merlin (Myrdhin), l’acte II débutant par le prélude Brocéliande au matin, ensuite devenu poème symphonique, présenté comme tel dans la belle acoustique du Couvent des Jacobins rennaise.

Hasard du calendrier, la dernière partie est dévolue au même ouvrage que devait diriger Riccardo Muti à Paris le lendemain, remplacé au dernier moment par Cristian Măcelaru. Retouchée à plusieurs reprises jusqu’à une version définitive présentée après la mort de Bizet, la Symphonie Roma débute par un Andante tranquillo dont l’esprit de chasse permet de beaux élans aux cordes, toujours dirigées du seul bras encore valide du chef gallois, le gauche, tandis que l’Allegretto vivace démontre ensuite un style encore emprunt de Mendelssohn, parsemé de grandes phrases romantiques. L’Andante molto apporte son lot de recueillement, là encore bien traité par les cordes de l’, plus en retrait au Carnaval conclusif pour laisser la primauté aux cuivres et surtout à la petite harmonie.

Crédits photographiques : © ResMusica

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