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No limit pour l’Ensemble MG21 de Florentino Calvo

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Claude Barthélemy (né en 1956) : Pull. Fabien Cali (né en 1983) : Chorus. Tomás Bordalejo (né en 1983) : Le temps d’une mesure. Bruno Giner (né en 1960) : Quatre façons de décrire le rock. Sylvain Kassap (né en 1956) : Scansions. Ricardo Sandoval : Divertimento n° 2. Ensemble MG21, direction : Florentino Calvo. 1 CD Solstice. Enregistré du 1er au 5 juillet 2022, à l’auditorium du Conservatoire Edgard Varèse de Gennevilliers. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 54:51

 
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Près de quinze ans d'existence et une cinquantaine d'œuvres à son répertoire : l' (orchestre à plectre) dirigé par son fondateur et mandoliniste sort un troisième CD sous le label Solstice réunissant six œuvres récentes et autant de compositeurs d'aujourd'hui ayant à leur manière tissé des liens entre musique savante et populaire.

Fragile, légère, au charme discret, la mandoline est l'instrument d'accompagnement privilégié de la chanson napolitaine mais pas que. Utilisées dans tous leurs registres (mandocello, mandolas, mandolines) et épaulées par les guitares et une contrebasse, les mandolines de MG21 traversent allègrement tous les styles et servent la dimension rythmique au même titre que leurs partenaires.

Elles balancent entre séduction du timbre et obsession du rythme dans Chorus (qui donne son titre à l'album) de . La pièce d'un seul tenant se nourrit de contrastes, entre séquences vibratiles entretenant la transparence des textures et blocs accords vigoureusement pulsés. La pièce commence et se termine par le même bruit blanc (souffle des haut-parleurs dans les concerts de musique pop ?) sur lequel s'inscrit la ligne sinueuse de la mandoline soliste comme le fil d'Ariane du labyrinthe sonore.

Le thème est donné par l'ensemble des instruments à plectre dont on goûte le charme non tempéré au tout début de Pull de . Cette « bossa nova jolie », selon les termes du compositeur, est une suite de variations modifiant les ambiances et les tempi, alternant énergie pêchue et nostalgie à laquelle se prêtent volontiers les cordes pincées. Ça groove également dans Scansions de , compositeur, clarinettiste et improvisateur jouant avec les timbres (il fait chanter la contrebasse) et les rythmes (tapping sur les caisses) au fil d'une écriture sophistiquée empruntant au jazz, au rock et aux musiques traditionnelles.

Il y a toujours un accent de milonga dans la musique des compositeurs argentins… Dans celle de Tomas Bordalejo aussi, qui prend la dernière mesure de Decarissimo d'Astor Piazzolla comme matériau de base dans Le Temps d'une mesure, une pièce écrite pour célébrer le centenaire du compositeur. Ladite mesure est exposée par le tutti puis soumise à de nombreuses métamorphoses avec cette manière espiègle qu'a Bordalejo de déformer le modèle par filtrage, étirement, désarticulation ou glissement vers le bruit lorsque les cordes des instruments sont bloquées. L'invention est à l'œuvre dans cette déconstruction aussi ludique que plastique.

Autre hommage, rendu cette fois à par Ricardo Sandoval dans Divertimento n° 2 où s'entendent les pages les plus célèbres du musicien de jazz sous le jeu bien sonnant des mandolines accompagnées par mandoles, guitares et contrebasse dans un arrangement qui ménage fluidité et diversité. Plus aventureuse et développée, la pièce de , Quatre façons de décrire le rock sollicite l'imaginaire sonore du compositeur et l'énergie du geste des instrumentistes. Du plein au vide, du son au bruit, les contrastes sont abrupts et le matériau souvent saturé, dans des effets d'amplification et de distorsion obtenus par les seuls ressorts de l'écriture (Electric Rhapsodie). Les caisses des guitares et mandoles deviennent de petits tambours de bois dans Gypsy Rock où les bruits de bouche des musiciens pallient l'absence de percussions. Le compositeur modère ses élans dans Nathalie's Ballad forever, une plage tout en douceur et balancement harmonique (huit solistes) où la guitare nostalgique et les harmoniques aiguës en relais d'instruments nourrissent la constellation sonore. Avec les cordes atones des guitares imitant la batterie, le groove de la contrebasse et les clusters en salves sèches, Funky Jazz est le plus saisissant : rythme syncopé, mandolines crépitantes, stries hurlantes des « pizz Bartok » ; le courant passe dans l' jusqu'à l'inouï du tutti final.

La prise de son est optimale, laissant apprécier les potentialités d'une telle formation et le travail d'écoute qui s'exerce dans un ensemble qui porte très loin la richesse de ses sonorités sous le geste expert de , maître d'œuvre de cette singulière aventure.

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Claude Barthélemy (né en 1956) : Pull. Fabien Cali (né en 1983) : Chorus. Tomás Bordalejo (né en 1983) : Le temps d’une mesure. Bruno Giner (né en 1960) : Quatre façons de décrire le rock. Sylvain Kassap (né en 1956) : Scansions. Ricardo Sandoval : Divertimento n° 2. Ensemble MG21, direction : Florentino Calvo. 1 CD Solstice. Enregistré du 1er au 5 juillet 2022, à l’auditorium du Conservatoire Edgard Varèse de Gennevilliers. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 54:51

 
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