Audio, Musique de chambre et récital, Parutions

Bach aux claviers augmentés avec le duo Olivier Vernet Cédric Meckler

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Toccata con Fuga pour orgue BWV 565 avec une partie pour piano de Wilhelm Middelschulte (1863–1943). Invention VIII (BWV 779) 1ère version avec une deuxième partie pour piano de Louis Victor Saar (1868–1937). Concerto brandebourgeois III (BWV 1048) Transcription Vernet/Mecker. Choral pour orgue BWV 768 « Sei Gegrüsset, Jesu Gütig » Arr. pour duo d’orgues par Niels Gade (1817-1890). Prélude BWV 875 du Clavier bien tempéré avec une deuxième partie pour piano d’Ignaz Moscheles (1794-1870). Concerto BWV 1061 pour 2 claviers Olivier Vernet, orgue virtuel, synthétiseur / Cédric Meckler, orgue virtuel, synthétiseur – Altenbruch (orgue Klapmeyer) / Lüdingworth (orgue Arp Schnitger). Invention VIII (BWV 779), 2e version, dans un arrangement libre pour deux pianos de Cyril Scott (1879-1970). Ciaccona de la Partita pour violon BWV 1004, arr. Vernet/Meckler d’après l’arrangement pour duo de pianos de Carl Reinecke (1824-1910) et les accompagnements au piano de Robert Schumann (1810-1856) et Felix Mendelssohn (1809-1847). Swinging Bach Arr. Porter Heaps (1906-1999), Lloyd Norlin (1918-2000) / Bach Chat. Digressions jazzy sur des thèmes de Bach (BWV 1043, 1067, 147, 971) par Charles Balayer (*1957) / Dédié à Olivier Vernet & Cédric Meckler. Duo Olivier Vernet et Cédric Meckler, Orgues à tuyaux et virtuels (système Hauptwerk), synthétiseurs. 1 CD Ligia Digital. Enregistré en septembre et octobre 2025. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 79:29

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Quelle que soit la manière dont on aborde la musique de Bach, avec toutes les adaptations ou transformations que l'on peut imaginer ou réaliser, son génie reste bien présent. C'est ce que démontrent magistralement et dans leur duo de claviers diversifiés au service d'un Bach nouveau, revisité et vivifiant.

Depuis la fin des années 60, les mélomanes ont été surpris puis habitués peu à peu à écouter de la musique de Bach sur des machines contemporaines : de nouveaux synthétiseurs dont les plus célèbres furent ceux conçus par l'ingénieur américain Robert Moog. Nous sommes alors en 1964. Comme son nom l'indique, cet appareil synthétise artificiellement des sons de manière électronique. Peu de temps après c'est Walter/ qui fit connaitre au monde entier ce nouvel instrument commandé par un simple clavier, avec un album intitulé « Switched on Bach » (CBS). Tout fonctionnait avec des méthodes de pionniers, de manière analogique sans l'aide d'ordinateurs et de techniques numériques, inconnues alors. Rappelons que dès la fin des années 20, Maurice Martenod par l'invention de ses fameuses ondes Martenod fut le précurseur mondial de ces nouvelles recherches acoustiques.

Tout d'abord fêtons avec les artistes les 20 ans de leur duo, jalonnés par de nombreux répertoires dissertés lors de concerts et de disques. Ce Bach nouveau est leur cadeau d'anniversaire. Que proposent-ils ? Une mise en espace audacieuse d'œuvres du cantor au travers essentiellement de trois types d'instruments : l'orgue traditionnel à tuyaux (Roquevaire, Saint-Charles à Monaco), les orgues virtuels sous forme d'échantillonnages de sonorités captés sur de vrais orgues et restitués grâce au système « Hauptwerk » et des synthétiseurs de type Moog. Les orgues virtuels choisis par les interprètes sont d'esthétique baroque allemande, puisés dans les banques de données d'instruments historiques célèbres (Stralsund, Lüdingworth, Altenbruch et Groningen) proposées par Sonus Paradisi.

Dotés de cette technologie de pointe, les organistes proposent un programme très attrayant par sa diversité de genre et de traitement. Ce sont des « tubes » pour la plupart avec la Toccata en ré mineur, la Chaconne, les Inventions, des Concertos complètement revisités… Ce qui est passionnant c'est l'intervention d'autres compositeurs dans la construction d'une version « augmentée » à la fois par le texte musical et par les effets acoustiques. On est ainsi transporté dans un autre monde sans que la musique de Bach ne soit défigurée par un genre ou un style inappropriés. De plus, les combinaisons d'instruments sont multiples et différentes à chaque plage. Le dialogue orgue/synthétiseur fonctionne à merveille. On retrouve parfois les ambiances excitantes qui rappellent celles de , comme dans le Concerto brandebourgeois n° 3 qui, mené allègrement, s'illumine dans un feu d'artifice aux couleurs éblouissantes. Le Concerto pour deux claviers BWV 1061 est présenté à la fois sur deux orgues historiques (Hauptwerk) et deux synthétiseurs, apportant beaucoup de profondeur et de relief à l'ensemble. A aucun moment l'auditeur n'éprouve de gêne concernant ce traitement sonore quelque peu insolite, qui au contraire lui ouvre de nouveaux horizons, accrocheurs et entraînants.

Deux plages nous gratifient de l'orgue à tuyaux enregistré en direct : Saint-Charles à Monaco dans une sélection de variations de la Partita Sei Gegrüsset Jesu Gütig BWV 768 arrangées pour deux organistes par  et en solo à Roquevaire (Bouches-du-Rhône) pour une palpitante pièce Swinging Bach reprenant la Toccata et fugue ré mineur en mode jazzy : toute une fête de couleurs et de rythmes sur cet orgue symphonique qui fut en partie celui de Pierre Cochereau. A la fin, les organistes aux manettes de leurs synthétiseurs concluent l'album par quelques digressions empruntées au jazz et mises en forme par Charles Balayer à partir de quelques BWV célèbres. Ils nous offrent un bouquet final jovial dans leurs jeux complices et entendus à la cause Bach, ici grandement magnifiée.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Toccata con Fuga pour orgue BWV 565 avec une partie pour piano de Wilhelm Middelschulte (1863–1943). Invention VIII (BWV 779) 1ère version avec une deuxième partie pour piano de Louis Victor Saar (1868–1937). Concerto brandebourgeois III (BWV 1048) Transcription Vernet/Mecker. Choral pour orgue BWV 768 « Sei Gegrüsset, Jesu Gütig » Arr. pour duo d’orgues par Niels Gade (1817-1890). Prélude BWV 875 du Clavier bien tempéré avec une deuxième partie pour piano d’Ignaz Moscheles (1794-1870). Concerto BWV 1061 pour 2 claviers Olivier Vernet, orgue virtuel, synthétiseur / Cédric Meckler, orgue virtuel, synthétiseur – Altenbruch (orgue Klapmeyer) / Lüdingworth (orgue Arp Schnitger). Invention VIII (BWV 779), 2e version, dans un arrangement libre pour deux pianos de Cyril Scott (1879-1970). Ciaccona de la Partita pour violon BWV 1004, arr. Vernet/Meckler d’après l’arrangement pour duo de pianos de Carl Reinecke (1824-1910) et les accompagnements au piano de Robert Schumann (1810-1856) et Felix Mendelssohn (1809-1847). Swinging Bach Arr. Porter Heaps (1906-1999), Lloyd Norlin (1918-2000) / Bach Chat. Digressions jazzy sur des thèmes de Bach (BWV 1043, 1067, 147, 971) par Charles Balayer (*1957) / Dédié à Olivier Vernet & Cédric Meckler. Duo Olivier Vernet et Cédric Meckler, Orgues à tuyaux et virtuels (système Hauptwerk), synthétiseurs. 1 CD Ligia Digital. Enregistré en septembre et octobre 2025. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 79:29

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