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Marek Janowski reprend la 4e de Bruckner avec l’ONP

Pour un soir, l' retrouve la Philharmonie dans un programme symphonique traditionnel conduit par , où une 4ème de Bruckner de belle stature suit une 39ème de Mozart d'un beau classicisme.

Quelques soirées chaque saison, l' sort de fosse pour s'installer sur la scène de la Philharmonie. Et si certains concerts sont aussi l'occasion de mettre en avant le chœur, comme celui prévu fin mai avec Philippe Jordan dans le Requiem de Berlioz, d'autres permettent d'identifier les compétences purement symphoniques de l'ensemble. En l'occurrence, c'est ce à quoi nous sommes confrontés en ce mois de mars, avec un programme composé uniquement de deux symphonies. Dans la plus pure tradition, une symphonie de Mozart est suivie d'une symphonie plus longue et plus dense de Bruckner. Et ce soir, comme avant la 3ème de Bruckner par Blomstedt en 2018, la Symphonie n°39 de Mozart sert d'entrée à .

Avec cinquante instruments dont quarante cordes, l'orchestre parisien suit le chef en montrant à la fois la qualité plastique de ses éléments – notamment aux cors et trompettes -, en même temps qu'un petit manque d'habitude à s'écouter de manière symphonique. En cela, il arrive de remarquer quelques légers décalages, dus sans doute aussi pour certains à la direction du chef allemand, qui avait créé les mêmes écarts auparavant avec d'autres formations. Cependant, rien n'est gênant et au contraire, dans l'ensemble, c'est plutôt la sonorité presque germanique qui surprend notamment dans le volume des violons ou par les contrebasses pleines de raucité. En terme d'interprétation, ce Mozart rappelle qu'on peut encore entendre avec certains chefs une tradition, bien présente il y a de cela quelques décennies mais plus rare aujourd'hui, dépourvue de tout ornement baroque. D'un pur classicisme, cette approche semble même parfois un peu guindée ; mais ce qui ne signifie pas limité, ni encore moins ennuyeux, car du haut de ses 87 ans, Janowski se montre au contraire plein d'allant, souvent plutôt même rapide et toujours dans une belle continuité dans le mouvement.

Dans la Symphonie n°4 en mi bémol majeur de Bruckner ensuite, Janowski ne surprend pas en choisissant la version la plus habituelle, celle de 1878/80 qu'il a notamment enregistrée avec l'Orchestre de la Suisse Romande. Si son aîné de 12 ans, Herbert Blomstedt, avait eu la curiosité de revenir à l'Urfassung de 1874 avec l'Orchestre de Paris dans cette même salle il y a six ans, privilégie plutôt l'expérience et dirige toujours sans partition la version qu'il maîtrise parfaitement. Et interprétativement, on a là encore affaire à une vision traditionnelle, comme on n'en entend finalement plus aujourd'hui. Excellent dans les timbres, à en remontrer même aux plus grands orchestres allemands par la qualité de certains pupitres (le cor solo, les trompettes) et par le volume sonore des cordes (les contrebasses, à présent par huit), l' surveille le chef pour ne jamais s'en détacher, mais n'hésite pas à insuffler sa propre dynamique dans certains passages.

À plusieurs moments, Marek Janowski est obligé de montrer aux vents de jouer plus doucement, nous rappelant par la même occasion le conseil de Richard Strauss « attention avec les cors et les bois : si tu les perçois, c'est qu'ils sont déjà trop forts ». Mais la majorité du temps, il gère la 4ème du maître de Saint-Florian comme il l'a toujours fait, avec une construction évidente des grands mouvements, sans romantisme particulier dans l'Andante, et avec une célérité particulière dans le Finale, encore plus énergique que lors de ses précédentes interprétations !

Crédits photographiques  : © ResMusica

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