Le Festival d’Avignon 2026 célèbre le doute
Pour sa 80e édition, le Festival d'Avignon, dirigé par Tiago Rodrigues, célèbrera le doute qui porte les artistes. « Ce n'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou », a-t-il dit, citant Nietzsche. Du 4 au 25 juillet 2026, pendant 22 jours, Avignon se transformera ainsi en une « fête des questions », portée par 47 spectacles, près de 300 représentations et plus de 136 000 places disponibles, soit une augmentation significative par rapport à 2025.
Pour la première fois, une majorité de femmes signe les directions artistiques des spectacles (27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs). Cette édition affirme également une forte dimension internationale, avec des artistes issus de dix pays et une programmation largement renouvelée, 67 % des artistes étant invités pour la première fois.
Le Festival s'ouvrira dans la Cour d'honneur avec Maldoror, création de Julien Gosselin, actuel directeur du Théâtre de l'Odéon, qui croisera Lautréamont et Roberto Bolaño dans une exploration du mal et de la littérature. Carolina Bianchi présentera à l'Opéra du Grand Avignon UMA LUZ CORDIAL, le dernier chapitre de sa trilogie Cadela força, tandis que dans Island Story, la coréenne Kyung-Sung Lee reviendra sur un épisode tragique de l'histoire coréenne, la répression de Jeju.
La langue invitée, le coréen, irrigue en effet près de 20 % de la programmation. Théâtre documentaire, danse contemporaine, pansori, gastronomie ou littérature, notamment avec la présence de la Prix Nobel coréenne Han Kang, composent un paysage artistique qui explore les tensions, les mémoires et les imaginaires de cette culture extrême-orientale. On découvrira notamment MULJIL de la chorégraphe Lee Jinyeob, le metteur en scène Jaha Koo avec trois spectacles dont Haribo Kimchi mêlant théâtre et cuisine ou encore la compagnie coréenne Liquid Sound avec KIN : Yeohnee Project I.
La danse occupera une place moins centrale dans le festival, mais proposera néanmoins des spectacles forts comme Silence, collaboration entre Lucie Antunes et Mathilde Monnier à la Carrière de Boulbon et Katerina Andreou interrogera la relation à deux dans How romantic avec la compagnie norvégienne Carte Blanche.
En revanche, le festival poursuivra son dialogue avec les grands textes : deux versions de Hamlet par Thibaud Perrenoud et Ben Duke (The Last Hamlet) questionnent l'héritage shakespearien, tandis que Gwenaël Morin conclut sa résidence avec Le deuil sied à Électre d'Eugene O'Neill.
À côté des grandes productions, Avignon cultivera une dimension plus intimiste. François Gremaud, dans Mon frère, mettra en scène une relation fraternelle en langue des signes, quand Madeleine Fournier explorera le deuil dans Growing piece, tandis que Boris Charmatz signera son retour au solo avec Muette et que Trajal Harrell proposera Music, Music, réflexion intime sur son rapport à la musique. Le programme Vive le sujet ! Tentatives confirme cette volonté d'expérimentation, avec notamment le duo MazelFreten qui convie le philosophe Emmanuel Leclerc.
Enfin, le cirque sera également à l'honneur : Johann Le Guillerm poursuit son œuvre en mouvement avec Terces et le Collectif XY investira la Cour d'honneur à la fin du festival avec Le Pas du monde. (DG)









