Katerina Andreou et Mélissa Guex poussent leurs cris sur le dancefloor
Les deux chorégraphes danseuses, Katerina Andreou et Mélissa Guex se retrouvent pour une nouvelle performance Shout Twice. Elles poussent un cri de rage sous la verrière des Subs à Lyon.

En entrant dans l’immense cour de la verrière des Subs à Lyon, on sait déjà qu’il va falloir être actif. Un rythme techno tourne dans l’espace. Au centre, un praticable, deux DJs installés en diagonale et le public est invité à s’installer debout autour de cet espace. Les deux danseuses sont en action au pied du podium. Elles occupent l’espace d’un pas franc et rapide. Visages masqués par un voile noir. Le public fait place mais pas trop. Elles évoluent dans cet espace contraint et variable en fonction du placement des spectateurs.
Deux micros sur pied recueillent dans ce fracas, leurs cris. Les régies font rebondir les sons dans une réverbération très étirée. Puis elles montent sur le plateau et continuent leur évolution énergique. Elles se rejoignent et coordonnent leurs gestes, bras lancés, pieds de combat dans leurs tenues noirs, shorts longs et débardeurs. Elles font tomber le masque mais pas la tension.

Le public se relâche. Les têtes et les corps semblent suivre le rythme de la techno sombre. Sur le plateau ou au pied, Katerina Andreou et Mélissa Guex changent d’aspect. Au fil des accessoires qu’elles décrochent, elles portent des perruques de laine aux couleurs criardes acrochées à leurs casquettes ou des bonnets en strass. Autres accessoires qui entrent dans le jeu sonore, des triangles de percussion et un harmonica. Les danseuses installent alors un moment plus suspendu avec ces instruments. Lenteur des gestes avant la reprise de la transe.
Le dialogue et la conjugaison des deux interprètes jouent à plein dans l’énergie déployée. On sent le plaisir de se retrouver après une première expérience ensemble avec Bless this mess. Entre performance musicale et danse improvisée, elles veulent installer un esprit punk dans un club techno. Le public autour rappelle les ambiances de battle hip-hop. Il y a de cela dans ce dispositif dynamique. Une révolte tout en retenue, presque trop, et en maîtrise, assez éloigné tout de même d’une véritable punk-attitude. La révolte et le cri par les gestes semblent s’éclaircir au fil du temps court (50′) de cette performance dansée. Elle ne peut que se présenter comme un work in progress en fonction des lieux où elle est programmée. D’autres dates sont prévues dans le cadre du festival d’automne de Paris mais aussi à Marseille puis dans d’autres pays européens.








