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Le Ballet de l’Opéra de Lyon joue avec les souvenirs

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Lyon. Opéra. 8-IX-26. Icônes. DANCE. Création en 1979. Chorégraphie : Lucinda Childs. Musique : Philip Glass. Costumes : A. Christina Giannini. Lumières : Beverly Emmons. Conception originale du film Sol LeWitt (2016) Marie-Hélène Rebois Film tourné à l’identique du film original.
HØPE. Création 2026. Chorégraphie : Alessandro Sciarroni. Costumes : Ettore Lombardi : Lumières : Sébastien Lefèvre. Ballet de l’Opéra de Lyon

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Pour la soirée intitulée « Icônes », le propose deux pièces. L’une réellement iconique, Dance de , et une création, Høpe d’Alexandre Sciarroni.

Dans sa programmation , directeur du ballet, joue souvent de ce savant dosage dans l’histoire de la danse. Avec le très bel outil que représente le , il peut ainsi composer des soirées où viennent se frotter les styles dans le temps et l’espace de la scène. 

Ainsi, comme un sillon que l’on ne cesse de voir se creuser, le ballet reprend Dance de la chorégraphe . Cette œuvre est devenue un véritable marqueur de la post modern dance new-yorkaise des années 80. C’est un concentré des grands noms de ces années fertiles américaines. Avec des gestes sans cesse repris dans des mouvements aux déplacements mathématiques, sur une musique répétitive de composée en 1978, les artistes semblent dire : nous sommes toujours là. Ils font merveilleusement le lien entre XXe et XXIe siècle. L’oeuvre est aussi portée par les images imaginées par le plasticien : des images aux points de vue démultipliés des danseurs  évoluant sur sur le plateau et projetées sur un tulle tendu sur l’ensemble du cadre de scène. Le grain et la qualité des axes de ces images donnent une véritable leçon à toutes les utilisations actuelles de la vidéo sur les scènes actuelles. Depuis son entrée au répertoire du en 2016, le film a bien sûr été retourné et même si certains interprètes ont changé, il donne toujours l’impression que les danseurs évoluent avec leur double en surimpression. Le solo de dans la deuxième partie est toujours très touchant dans ce dialogue en continu avec son image géante projetée sur l’avant-scène. L’œuvre demande une rigueur mathématique, des gestes synchronisés. La haute technicité du Ballet de l’Opéra de Lyon fait honneur à Dance. Cette œuvre de danse pour la danse où le flux des gestes vient s’imprimer sur la rétine, inscrit une véritable rémanence sur l’œil et la mémoire. On ne se lasse pas de la voir et revoir. Le ballet la programme régulièrement et l’on ne peut que s’en réjouir.

La seconde partie du programme de la soirée joue aussi à sa façon sur la mémoire. Pour sa troisième collaboration avec le ballet, le chorégraphe poursuit son travail d’archéologie contemporaine des danses traditionnelles. Cette fois  avec Høpe, l’Italien franchit l’Atlantique pour réécrire les danses des cow-boys. Le Two-step est ainsi décliné dans toutes ses figures. Talons, pointes, Stetson, jeans et santiags, danses à deux ou en grand groupe: les 24 danseurs semblent rassemblés pour une soirée dans le sud des Etats-Unis. 

Les séquences s’enchaînent mais le spectateur est comme tenu à distance. Les gestes de ces danses sont strictement reproduits dans leurs traditions mais avec une certaine lenteur. La musique décalée, piano et nappes sonores planantes, éloigne le regard de la scène. L’atmosphère et les gestes sont doux, et cela fait du bien dans le monde actuel. Mais cette mise à distance teintée de nostalgie laisse un peu sur sa faim. L’immense portrait d’un enfant déguisé en fond de scène et reparti par les portes du fond du plateau, comme l’ont fait les danseurs à la fin de la pièce, semble signifier qu’il s’agissait d’un rêve ou d’un souvenir fugace…

Crédits photographiques : © Marc Domage

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Lyon. Opéra. 8-IX-26. Icônes. DANCE. Création en 1979. Chorégraphie : Lucinda Childs. Musique : Philip Glass. Costumes : A. Christina Giannini. Lumières : Beverly Emmons. Conception originale du film Sol LeWitt (2016) Marie-Hélène Rebois Film tourné à l’identique du film original.
HØPE. Création 2026. Chorégraphie : Alessandro Sciarroni. Costumes : Ettore Lombardi : Lumières : Sébastien Lefèvre. Ballet de l’Opéra de Lyon

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