Un livre pour enfants sur l’orchestre, made in Toulouse
Dans la collection J'ai tout compris, cet ouvrage documentaire d'Orane Benoît et Mathilde Serraille répond à une quantité de questions sur l'orchestre, et au-delà, que peuvent se poser les enfants à partir de 7-8 ans.
Les deux autrices, respectivement journaliste à Toulouse et bibliothécaire d'orchestre à l'Opéra national de Paris, lèvent le voile, en cinquante questions-réponses d'une page chacune, sur tout ce qui peut sembler mystérieux dans un orchestre. En commençant par le début (« D'où vient le mot orchestre ? », « Qu'est-ce qu'une symphonie, un concerto ? »), en abordant de manière méthodique les spécificités de cette organisation complexe (« Quel est le rôle du chef d'orchestre », « Pourquoi s'accorder avant de jouer ? »…) et en ne craignant pas d'aller assez loin dans l'exploration de cette société en miniature (« Les musiciens vivent-ils ensemble ? », « Jouent-ils de plusieurs instruments ? »…)
Des questions insolites (« Peut-on utiliser des ustensiles de cuisine ? ») ou de l'ordre de l'anecdote (« Et si une corde lâche sur un violon ? », « Les cornistes crachent-ils dans leur instrument ? ») apportent un agréable contrepoint tout en permettant d'aborder des notions intéressantes. Un adulte un peu initié ne pourra s'empêcher de trouver certaines pages trop simples, comme celles sur la disposition de l'orchestre ou sur les orchestres célèbres, mais c'est évidemment inévitable avec un tel format. D'autant que les autrices ne cherchent pas à donner une image lisse et idéale de la musique classique, n'hésitant pas à s'attaquer aux préjugés (« Une fille joue de la harpe et un garçon du trombone ? », ou encore « Est-ce possible de ne pas aimer Mozart ? »). Elles consacrent nombre de leurs questions-réponses à démythifier et dédramatiser le fait d'aller au concert, mais aussi celui d'apprendre la musique, avec un objectif sous-jacent : donner envie d'écouter de la musique et d'en faire.
Les illustrations de Rémi Saillard, savoureuses et pleines d'un humour discret, contribuent à l'agrément de la lecture. La sympathique préface de Tarmo Peltokoski, adressée au jeune lecteur à la deuxième personne du singulier, ainsi que les nombreux exemples pris tout au long du texte dans l'Orchestre national du Capitole (qui a même droit à sa page « Connais-tu l'orchestre du Capitole ? »), donnent une coloration « ville rose » à cette parution et aident bien à ancrer le propos dans le réel. Une belle réussite du fameux éditeur toulousain Privat.








