Te Deum pour Notre-Dame : le chant de louanges de Thierry Escaich
Créé en juin dernier, le monumental Te Deum pour Notre-Dame de Thierry Escaich célèbre avec brio la renaissance de la cathédrale meurtrie.
De Gilles Binchois à Arvo Pärt, en passant par Lully, Charpentier, Haendel, Berlioz ou Penderecki, le Te Deum est l'une des hymnes latines chrétiennes les plus mises en musique. Chanté à l'occasion de services solennels, qu'ils soient religieux ou non, le Te Deum a souvent été utilisé pour célébrer aussi bien la gloire de Dieu que celle d'un roi, une victoire militaire ou un événement exceptionnel.
La résurrection de la cathédrale Notre-Dame de Paris l'été dernier, après le terrible incendie qui a failli la détruire en 2019, ne pouvait qu'être célébrée avec puissance par Thierry Escaich, qui s'est inscrit dans la plus pure tradition liturgique pour cette commande de Musique Sacrée à Notre-Dame.
Le compositeur et organiste français a déjà composé nombre d'œuvres religieuses (Le Dernier Evangile, Dixit Dominus, Grande Messe Solennelle…). C'est donc avec l'humilité d'un croyant, mais conscient de la grandeur de l'événement qu'il a écrit son Te Deum pour Notre-Dame, partition monumentale de plus d'une heure pour chœur d'enfants, deux chœurs mixtes et orchestre.
« Le Te Deum est un cheminement du feu destructeur, celui de l'incendie, à un feu rédempteur, qui éclaire mais ne consume pas« , explique-t-il dans le livret du disque.
Découpé en quatre parties, Nuit de feu, Anges de lumières, Le vaisseau marial, La flamme percera, où s'intercalent trois versets improvisés à l'orgue par Thierry Escaich lui-même, ce Te Deum se veut une longue marche vers la lumière et l'espérance.
La musique est d'un lyrisme incandescent, d'un monumental maîtrisé, qui n'écrase pas malgré les forces en présence. On y perçoit l'hommage aux grands oratorios d'Arthur Honegger, comme à Maurice Duruflé dans les grandes envolées organistiques.
Pas facile cependant d'équilibrer au disque de telles masses sonores, enregistrées dans l'acoustique hyper réverbérée de la cathédrale. Les voix de la Maîtrise Notre-Dame de Paris et du NFM Choir Wroclaw sont parfois un peu noyées quand éclatent les forte du Francfort Radio Symphony sous la direction d'Alain Altinoglu.
Alternant aussi bien le latin de la Bible, que le français du texte de la poétesse Nathalie Nabert, évoquant les ombres de Victor Hugo, Charles Péguy ou Frédéric Ozanam, le Te Deum pour Notre-Dame de Thierry Escaich s'achève dans l'intimité d'une voix d'enfant avant l'explosion de gloire finale.
Un hommage sincère et impressionnant à l'un des monuments les plus emblématiques de notre patrimoine.
Modifié le 13/11/2025 à 13h34







