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On danse partout à Falaise

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Falaise. 19-V-2026. Dans le cadre du festival Danser Partout. La cour des Anges : Conception et adaptation in situ : Laurent Pichaud. Chorégraphie : Dominique Bagouet. Musique : 12 variations op 66 de Ludwig van Beethoven. Adaptée pour piano et autres : Pascale Berthelot. Interprètes : Jean-Pierre Alvarez, Pascale Berthelot, Christian Bourigault, Claire Chancé, Charles Ferrand, Catherine Legrand, Dominique Noel, Sonia Onckelinx, Michèle Rust et les absences présentes de Sarah Charrier, Bernard Glandier et Orazio Massaro. Costumes : Laurent Pichaud et les interprètes en dialogue avec Dominique Fabrègue. Structure de la marionnette : Chance Kester.
Bal magnétique : Création et chorégraphie : Massimo Fusco. Composition et musique live : Hot Bodies. Interprètes : Garance Bréhaudat, Inés Hernández, Lola Serrano, Sung Chun Tsai, Sophie Jacotot, Massimo Fusco

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Pour sa 24e édition, le festival Danser Partout, à Falaise et dans ses alentours, met la danse à portée de tous en l'amenant au plus proche du public. Du 19 mai au 6 juin, parcs, cours d'écoles, lycées, médiathèques, chantiers ou encore cinémas du pays de Falaise sont investis par les danseurs pour des ateliers et des spectacles inclusifs.

Pour démarrer ce festival sous l'égide de Chorège, centre de développement chorégraphique national, un groupe de jeunes amateurs s'est attelé, avec l'aide de la chorégraphe et pédagogue , à la création d'une courte pièce à partir de Necesito de . Ce projet appelé G-SIC (pour Groupement spécial d'immergence chorégraphique) s'adresse chaque année à un groupe de jeunes de 10 à 25 ans et a lieu simultanément aux CNDC de Bordeaux, d'Uzès, de Falaise, ainsi qu'au Centre chorégraphique nationale de Tours. À Falaise, les jeunes interprètes ont délivré la drôle et complexe chorégraphie de Bagouet avec une grande justesse. Tous les éléments reconnaissables des créations du chorégraphe qui dirigea le Centre chorégraphique régional de Montpellier sont là et rendus très modernes par l'enthousiasme des danseurs.

 

En guise de plat de résistance de cette première soirée, le public était attendu dans la cour de l'école élémentaire Bordereau, à Falaise. Au menu : la création de , La cour des Anges, d'après la pièce de , Le saut de l'ange, créée en 1987. Rompu aux créations in situ, a repensé la pièce espiègle de Bagouet – à l'origine créée pour être jouée en extérieur – pour les cours d'école. Comme l'original, La cour des Anges est marquée par l'enfance, mais aussi par le temps qui passe. Ainsi, a souhaité travailler avec les interprètes d'origine. « C'est un luxe de travailler avec eux, explique le chorégraphe. Bien qu'à la retraite, ils continuent tous à danser, à enseigner. J'ai remis à plat la musique, les costumes, mais la danse, c'est eux ; je ne l'ai pas créée. Je n'ai pas souhaité remplacer les trois danseurs disparus. J'ai adapté la pièce comme je m'adapte aux possibilités des danseurs et à chaque lieu dans lesquels je travaille. » De fait, La cour des anges utilise toutes les possibilités de la cour de l'école Bordereau de Falaise : les danseurs apparaissent et disparaissent derrière les fenêtres des classes, évoluent sous le préau comme dans l'herbe de la cour… même la sonnerie de l'école est utilisée. Les neuf interprètes impressionnent par leur maîtrise de la chorégraphie complexe de Bagouet, la précision de la gestuelle comme les explosions physiques qui les envoient courir d'un bout à l'autre de la cour. Et quoi de mieux qu'une cour d'école pour mettre en valeur l'humour, la poésie et la fantaisie qui irrigue cette pièce ? Le travail de Laurent Pichaud est délicat, tout en respect de l'œuvre qu'il a réussi à adapter sans dénaturer. Les interprètes disparus de la création originale de Bagouet ne sont pas oubliés; ils sont symbolisés par une fausse moustache et un chapeau qui passe d'un danseur à l'autre, par une voix off et une marionnette grandeur nature portée par le groupe. La cour des anges est aussi une histoire de transmission : d'un chorégraphe à un autre, d'un public à un autre, d'une génération à une autre. Ainsi, la pièce s'achève avec la prestation extraordinaire d'un tout jeune danseur de 13 ans, qui délivre un solo final époustouflant avec une maîtrise bluffante.

Danser partout, c'est aussi danser pour tous, et avec tous. La plupart des spectacles présentés lors du festival normand sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, mais aussi aux malentendants par exemple. Le Bal magnétique, qui clôturait cette première journée en est un très bel exemple. Au départ, un trio féminin évolue tout en douceur sur la musique live et envoutante du groupe Hot Bodies. Le chorégraphe , baigné depuis l'enfance dans l'univers des danses de salon, les réinterprète et les adapte de façon subtile. Les pas se mélangent, les codes se floutent mais les bases sont là et permettent à chacun de s'adapter. Car ce que cherche , c'est l'adhésion de tous et surtout la participation. Grâce à un atelier donné au préalable, une partie du public est déjà rodée à certains pas et, petit à petit, le Bal magnétique monte en intensité, devient dance floor et invite le public à se joindre à la danse. La chorégraphie est suffisamment souple pour s'adapter à tous, elle est même traduite en langage des signes pour les malentendants. D'autres dispositifs sont également prévus pour les personnes en situation de handicap : des chaises à danser, des gilets vibrants et des casques avec description sensible du spectacle pour les malvoyants, des galets à malaxer ou encore des casques anti-bruits pour les personnes sensibles aux sons. Ainsi, tout le monde peut se joindre à la fête. Les cinq danseurs ont une énergie communicative et s'impliquent réellement pour faire participer le plus de personnes possible, sans toutefois forcer. Les Falaisiens fidèles à leur festival répondent volontiers à l'appel et se mêlent joyeusement à ce joli bal magnétique et inclusif. Une vraie réussite et sans doute un modèle à suivre quand on parle d'ouvrir la danse à tous les publics.

Crédits photographiques : © Laurent Pichaud, © Thibaut Ras.

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Falaise. 19-V-2026. Dans le cadre du festival Danser Partout. La cour des Anges : Conception et adaptation in situ : Laurent Pichaud. Chorégraphie : Dominique Bagouet. Musique : 12 variations op 66 de Ludwig van Beethoven. Adaptée pour piano et autres : Pascale Berthelot. Interprètes : Jean-Pierre Alvarez, Pascale Berthelot, Christian Bourigault, Claire Chancé, Charles Ferrand, Catherine Legrand, Dominique Noel, Sonia Onckelinx, Michèle Rust et les absences présentes de Sarah Charrier, Bernard Glandier et Orazio Massaro. Costumes : Laurent Pichaud et les interprètes en dialogue avec Dominique Fabrègue. Structure de la marionnette : Chance Kester.
Bal magnétique : Création et chorégraphie : Massimo Fusco. Composition et musique live : Hot Bodies. Interprètes : Garance Bréhaudat, Inés Hernández, Lola Serrano, Sung Chun Tsai, Sophie Jacotot, Massimo Fusco

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