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Alexandra Dovgan revient au TCE pour un récital d’une grande finesse

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 09-VI-2026. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano no 8 en la mineur K. 310. Frédéric Chopin (1810-1849) : Ballades n° 3 op. 47 & n° 4 op. 52. César Franck (1822-1890) : Prélude, choral et fugue FWV 21. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Sonate n° 2 en ré mineur op. 14. Alexandra Dovgan, piano

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L'annulation de Rafał Blechacz a permis de profiter pour la troisième fois cette année à Paris du toucher déjà si expert de la jeune pianiste

Entendue en avril à l'Auditorium de Radio France dans les Variations sur une thème de Paganini de Rachmaninov après lesquelles nous avons pu l'interviewer, était réapparue quelques semaines plus tard sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées pour un récital constitué de pièces de Bach, Schubert et Chopin.

Son retour dans la capitale française n'était attendu que la saison prochaine, mais l'annulation du récital de Rafał Blechacz aura permis de l'entendre de manière impromptue en juin, dans un programme totalement différent de celui de mai, où elle débute par la Sonate n°8 de Mozart avant d'interpréter avec subtilité des œuvres de Chopin, Franck et Prokofiev.

Dès la première pièce se retrouve l'incroyable lisibilité des plans sonores qui avait fasciné notre confrère dans Bach un mois plus tôt. D'ailleurs, ce Mozart de la Sonate n°8 K.310 n'est pas si éloigné du cantor de Leipzig lorsqu'il est interprété avec autant de subtilité de doigté, où tout se développe avec une magnifique finesse dans la répétition du thème principale à l'Allegro maestoso, puis avec une conduite du discours très claire de la jeune pianiste russe dans la suite de l'œuvre.

À travers son toucher se ressent l'École de Moscou, notamment par cette capacité impressionnante à appuyer certaines touches, tout en donnant pourtant un caractère globalement léger à l'interprétation. L'intelligence et la clarté de la sonate mozartienne laissent ensuite place à deux Ballades de Chopin. Mais si ici encore ressort une très belle luminosité, parfois brillamment irisée ou colorée grâce à une palette qui profite de sa parfaite agilité, ces pièces montrent en revanche pour le moment un certain manque de maturité de l'artiste de 18 ans. Dans ces œuvres où le grand compositeur romantique se livre, à la fois tendre et mélancolique, la jeune pianiste ne semble pas encore pouvoir retranscrire plus qu'à la mesure de sa propre expérience les émotions, qu'elle exprime d'une façon trop délicate encore par rapport à la profondeur de ces partitions.

Le Prélude, Choral et Fugue de lui convient bien plus, superbe par la gamme de couleurs qu'elle peut y déployer, mais aussi par la meilleure cohérence de cette légère sentimentalité qu'elle y insère. Jouée comme toutes les autres pièces du récital sans partition, cette œuvre pourtant si précise – notamment dans la fugue – démontre aussi la capacité de mémoire sans faille de Dovgan, là encore d'une incroyable dextérité. Car si elle garde une grande réserve de gestes et d'expressions devant le piano, sur le clavier, les mains évoluent avec la même célérité et le même naturel que celles d'un grand peintre lorsqu'il trace les images sur sa toile.

La Sonate n°2 de Prokofiev met plus encore que Chopin en avant l'enseignement moscovite de la pianiste. Et bien que là aussi puisse se ressentir parfois un certain manque de vécu, forcément très éloigné des mêmes tourments que ceux du compositeur pendant la période pré-soviétique de la composition, l'approche très intelligente de la partition montre comme la tradition est intégrée au jeu d'. Dès le Vivace, elle trouve une grande habilité à traiter le caractère motorique de l'œuvre, toujours saisissante dans la lumière qu'elle donne au son et dans l'équilibre parfait avec lequel elle dose le poids des deux mains à tous les instants. Ce récital très applaudi s'achève par deux bis et se conclut par un retour à Chopin, avec une fine et souple Valse en fa majeur, op. 34 n°3.

Crédits photographiques : © ResMusica

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 09-VI-2026. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano no 8 en la mineur K. 310. Frédéric Chopin (1810-1849) : Ballades n° 3 op. 47 & n° 4 op. 52. César Franck (1822-1890) : Prélude, choral et fugue FWV 21. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Sonate n° 2 en ré mineur op. 14. Alexandra Dovgan, piano

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