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De petits bijoux bien cachés au creux des vieilles pierres…

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Saint-Victor-la-Coste. Ermitage de Mayran. 14-VI-2009. Maurice Ravel (1875-1937) : Quatuor à cordes. Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : Quintette pour quatuor à cordes et piano, en fa mineur. César Franck (1822-1890) : Quintette pour piano, deux violons, alto et violoncelle en fa mineur op. 132. Quatuor Sine Nomine : Patrick Genêt & François Gottraux, violons ; Hans Egidi, alto ; Marc Jaermann, violoncelle. Claire Désert, piano

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Les vignes viennent vous lécher les pieds, et la plaine s’alanguit doucement au soleil couchant. Le petit Ermitage de Mayran se blottit sous la ramure, préservant la quasi-intimité de ses «Concerts de l’Amitié». De fait, au fil des ans, les amis sont devenus de plus en plus nombreux et fidèles ; et la programmation, de plus en plus pointue, n’a rien à envier à des festivals prestigieux. C’était en ce joli dimanche de juin le sixième et dernier des Concerts de l’Amitié organisés à l’Ermitage, tout près du village de St-Victor-la-Coste (30). Plus de cent quatre-vingts mélomanes, des abonnés et/ou habitués pour la plupart, ont apprécié leur bonheur d’entendre le célèbre Quatuor à cordes Sine Nomine et la pianiste , dans un programme de musique des XIXe et XXe siècles. En revanche presque une cinquantaine de personnes, qui avaient téléphoné trop tardivement, devront patienter jusqu’à l’année prochaine, pour la prochaine édition de ces concerts qui «ouvrent» les festivals musicaux de l’été.

L’appellation latine du quatuor «Sine nomine» exprime bien sa volonté d’être au service de tous les compositeurs et toutes les pages écrites pour cette formation, sans s’interdire les quintettes avec des solistes réputés. Le Quatuor en fa majeur de Ravel, œuvre de quasi-jeunesse (c’était la première œuvre de chambre de Ravel, à 28 ans, dédiée à son maître Gabriel Fauré), par ses modes divers, par ses tempi variés, est un beau cadeau de début de soirée, autour de l’altiste – avec ses mimiques à la Menuhin – qui a la vedette notamment au troisième mouvement.

Le Quintette en fa mineur est dû au compositeur juif polonais naturalisé soviétique Moisei Vainberg (Mieczyslaw Weinberg), admirateur de Chostakovitch. On a pu admirer dans le deuxième mouvement le beau duo violon-violoncelle puis le solo étourdissant de Claire Désert au piano, avec un toucher à la fois très léger et terriblement puissant ; bravo aussi au court solo de violon puis de piano dans le quatrième mouvement ; on a salué également le brio de la composition, la richesse de l’ensemble, qu’une première écoute ne permet cependant pas d’apprécier pleinement.

La deuxième partie du concert, plus «confortable», plus classique, déroule les trois mouvements du Quintette en fa mineur de , qui a fondé en quelque sorte la musique de chambre française ; bien accueillie par le public à sa création – et fort applaudi à Mayran -, l’œuvre n’eut pas l’heur de plaire à son dédicataire, Camille Saint-Saëns, qui tenait pourtant la partie de piano. Aujourd’hui sa fougue, son expressivité, sa puissance, la mettent totalement en résonance avec les auditeurs du XXIe siècle.

Souhaitons que la programmation et l’interprétation demeurent toujours d’une telle qualité, ce dont nous ne saurions douter…

Crédit photographique : Patrick Genêt & François Gottraux, violons ; Hans Egidi, alto © Geneviève Allène-Dewulf

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