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Le printemps féminin de Mark Tompkins

Danse , La Scène, Spectacles Danse

La Parole Errante, Montreuil. 18/V/15. Dans le cadre des Rencontres chorégraphiques internationales en Seine Saint-Denis. Conception : Jean-Louis Badet, Mark Tompkins. Direction artistique : Mark Tompkins. Interprétation : Kamilya Jubran, Silvia Di Rienzo, Anna Gaïotti, Ananda Montange. Création musicale, chant, oud : Kamilya Jubran. Paroles de Fadhil Al Azzawi, Paul Chaoul, Hassan Najmi. Textes : Anne Gaïotti. Scénographie, costumes : Jean-Louis Badet. Création lumières : Séverine Rième.

ph_le_printemps_2_c_gilles_toutevoixQu’est-ce que la féminité dans le monde arabe ? Aux Rencontres chorégraphiques de Seine Saint-Denis, porte son regard sur la femme, figure mythique et politique de l’Orient dans Printemps. Une ode très colorée…

A l’avant-scène, une femme s’assoit et joue de l’oud, dans une lumière chaude et caressante. Kamilya Jubran, chanteuse et musicienne palestinienne, a signé la création musicale du spectacle et chante des chansons poignantes composées sur les textes de grands poètes irakien, marocain ou libanais. Malgré le rythme lent de l’oud, on se laisse envoûter par ces mélopées.

Autour d’elle, trois figures de femmes, libertaires, soumises, guerrières ou sensuelles, égéries telles que l’imagerie d’Orient a pu les rêver, les voir ou les imaginer. La dernière en date est la femme libérée des Printemps arabes, la militante démocratique au front ceint de slogans. Elle est là, devant nous, brandissant des drapeaux. Ses compagnes, voilées, se donnent l’accolade avant de se lancer dans un combat de kung-fu, drôle et décalé.

Le spectacle oscillera constamment entre la poésie des sons et l’humour de la chorégraphie, entre la douceur du regard et la violence des mots. Dans ses spectacles, qu’il évoque le music hall ou la comédie musicale américaine, penche toujours du côté du gag ou du burlesque pour faire passer un message politique. Ici, son message est féministe. Il accumule sur ses danseuses des boubous et des tissus chamarrés, non pour qu’elles se fondent dans le paysage, mais au contraire pour qu’elles fassent valoir leur différence.

Dans la lumière douce d’un soir de désert, sur un sol et des murs teintés de sable, ces couleurs vives sont à l’image du spectacle : métissé. Du harem au derviche tourneur, du cube noir qui évoque la Kaaba de La Mecque aux vêtements des kamikazes, toutes ces images dessinent une femme arabe kaléidoscope, partagée entre sa culture et sa liberté.

Photo : © Gilles Toutevoix

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