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Un violoncelle et un piano pour un nouveau lieu parisien

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Fondation Louis Vuitton. 20-V-2015. Robert Schumann (1810-1856) : Fantasiestücke op.73. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour violoncelle et piano n°1 en mi mineur op.38. Edvard Grieg (1843-1907) : Sonate pour violoncelle et piano n°1 en mi mineur op.36. Gautier Capuçon, violoncelle ; Yuja Wang, piano.

Capucon Wang © Martin Argyroglo Fondation Louis VuittonLe violoncelliste et la pianiste avaient donné rendez-vous au public parisien dans le nouvel auditorium de la Fondation Louis Vuitton, pour un concert aux couleurs romantiques.

Après l’ouverture de la Philharmonie à la Villette et de l’auditorium de la maison de la radio, et en attendant celui de l’Ile Seguin, voici donc un nouveau lieu destiné à accueillir, entre autre, de la musique, situé dans le cadre verdoyant du Bois de Boulogne, dont l’architecture externe ne peut manquer d’attirer l’œil. Le blanc bâtiment tout en verre et armature métallique accueille en son sein un auditorium de taille raisonnable pour les récitals instrumentaux ou la musique de chambre. Si la proximité de l’auditeur avec les instruments est parfaite, l’architecture de la salle entourée de verre avec ses gradins montant face à la scène favorise un son direct voir directif et peu réverbéré. Si le violoncelle et le piano sonnèrent en pleine clarté il leur manqua d’un peu de cette enveloppe charnelle et porteuse d’harmonique renvoyée par les murs et le plafond quasiment absente ici. Ainsi la salle n’embellira pas le son, n’apportant pas son petit plus flattant l’oreille, les instrumentistes doivent en tenir compte.

Et de ce point de vue il nous sembla que le violoncelle s’en tira mieux que le piano dont on aurait aimé de la part de plus de richesses de timbres et d’harmoniques et un engagement plus intense, au moins dans les deux premières pièces de la soirée, Schumann et Brahms. Si la sècheresse naturelle de la salle prit sans doute sa part en nous faisant percevoir un piano trop détaché du violoncelle, la pianiste nous sembla rester en simple accompagnatrice alors qu’elle aurait dû être un plein partenaire. Impression en partie corrigée avec la Sonate de Grieg plus vigoureusement attaquée par qui semblait plus à l’aise dans les nuances Allegro agitato de Grieg plutôt que dans Tendre et avec expression schumanien ou l’Allegro non troppo brahmsien. De son côté mit plus d’expression et de variété dans son jeu et se montra plus constant dans les trois œuvres où il trouva le ton juste et sans effet qui convient ici.

Néanmoins l’intérêt alla toujours croissant à mesure que la soirée avançait. Après une Fantasiestücke de Schumann un peu trop sérieuse manquant d’un peu de fantaisie, vint un Brahms sobre et sérieux mais cette fois c’était dans le ton de l’œuvre, se développant avec élégance, où un piano encore trop réservé nous empêcha d’être totalement captivé. Suivit une Sonate de Grieg plus immédiatement convaincante, où le sentiment romantique fut encore mieux perceptible. Mais c’est avec le Grand Tango de Piazzolla joué en bis que les deux artistes mirent le public dans poche avant un plus tendre Ravel finissant joliment la soirée.

Crédit photographique : Gautier Capucon, Yuja Wang © Martin Argyroglo / Fondation Louis Vuitton

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