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Claude Delvincourt enfin honoré

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Claude Delvincourt (1888-1954) : Danceries (1934) ; Contemplation (1935) ; Sonate pour violon et piano (1919) ; Sonate de jeunesse inédite pour violon et piano (1907). Eliot Lawson, violon, Diane Andersen, piano. 1 CD Azur Classical AZC121. Code barre : 5425003921216. Enregistré entre le 21 décembre 2012 et le 1er mai 2014 au Recital Studio B, Tihange (Belgique). DDD. Notices bilingues (français, anglais) excellentes (Damien Top). Durée : 73’25.

 

azur_delvincourt_lawson_andersenIl fallait tout l’enthousiasme de ces deux admirables musiciens que sont la pianiste et le violoniste pour entreprendre ce qui semble être une intégrale en cours de la musique de chambre de , puisque le visuel du CD indique clairement « Musique de chambre : volume 1 ».

Et cet enthousiasme, nous le partageons sans aucune réserve, car si tout mélomane connaît le nom de cette belle personnalité musicale qu’est (1888-1954), il faut déplorer l’absence quasi totale de son nom au concert ou récital comme au disque, si ce n’est la parution d’un CD au programme quasi équivalent chez Genuin (GEN13271), ainsi que quelques enregistrements d’extraits des Croquembouches (1926), à l’humour caustique.

Lors de la disparition accidentelle de Claude Delvincourt, le compositeur et critique musical écrivit : « La musique française perd en lui un des meilleurs représentants de sa génération, un de ceux qui, par la solidité de sa formation, la générosité de sa nature spontanée et ardente, honoraient le plus notre profession ». Voilà parfaitement cerné en ces quelques mots le noble humanisme de ce musicien d’exception qui fut l’élève de , , , , et qui obtint en 1913, tout comme , le Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate Faust et Hélène. L’un des envois de Rome sera cette superbe Sonate pour violon et piano de 1919 ici présente et considérée dans sa modernité comme l’une des plus représentatives du début du XXe siècle ; de ses quatre mouvements, seul par pudeur le premier traduit les horreurs de la Première Guerre Mondiale qui atteindra gravement le compositeur dans sa chair.

Nommé en 1932 à la tête du conservatoire de Versailles, et en 1941 à celle du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Delvincourt se dévouera corps et âme à ses chers élèves en ces temps troublés, les préservant notamment de la bêtise nazie, et insufflant à la vénérable maison un vent de modernité, menant à bien les réformes nécessaires initiées par ses prédécesseurs et . Il est normal qu’il composa peu à cette dernière période de sa vie, et les deux œuvres les plus récentes de ce disque sont la Contemplation de 1935, miniature raffinée très réussie aux accents orientaux et qui s’amuse de son ambiguïté modale, ainsi que les cinq Danceries de 1934, dédiées à des amis violonistes (dont Robert Benedetti et Gabriel Bouillon) et qui évoquent tour à tour les deux compositeurs les plus admirés par Delvincourt : Ravel (dans Louisiane) et Chabrier (dans la truculente Farandole).

À la différence de l’édition Genuin, ce CD Azur Classical nous offre en première mondiale une sonate de jeunesse inédite pour violon et piano de 1907, et chacun pourra à l’audition juger de ses belles qualités que certaines longueurs dues à l’enthousiasme juvénile ne peuvent occulter : en tout cas, la violoniste française Hélène Jourdan-Morhange, bien connue pour ses liens d’amitié avec Maurice Ravel dont elle fut l’interprète favorite, louait l’inspiration réelle de cette sonate qu’elle avait travaillée avec Delvincourt. De cette œuvre et les autres de ce disque, et nous offrent des versions accomplies et définitives qui leur font honneur et méritent sans réserve le support des mélomanes, afin que cette série consacrée à la musique de chambre de Claude Delvincourt ne se cantonne pas au seul « volume 1 » !

À lire : le très bel article de Denis Havard de la Montagne consacré à Claude Delvincourt sur son site Musica et Memoria.

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