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Les Contre-Sujets chez le prince de Soubise

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Archives nationales – Hôtel de Soubise. 16-I-2016. Attribué à Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Quatuor en si bémol majeur avec flûte à bec ; Domenico Natale Sarri (1679-1744) : Concerto en la mineur pour flûte à bec et orchestre ; Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : extrait de la 5e pièce de clavecin en concert ; Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto “La Notte” RV 439 ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Concerto en la mineur pour flûte à bec, viole de gambe et orchestre TWV 52:a1. Ensemble Les Contre-Sujets, flûte à bec et direction : Samuel Rotsztejn.

1449832689Les Jeunes Talents, ce n’est pas seulement un festival au mois de juillet dans le cadre magnifique de l’hôtel de Soubise aux Archives nationales. Ce sont aussi des concerts tout au long de l’année, qui donnent l’occasion de s’exprimer à de jeunes professionnels prometteurs. Illustration avec l’ensemble , dans un programme concertant de haute volée.

Un programme où la flûte à bec est présente du début à la fin, voilà qui n’est pas courant. Et une formation de chambre de sept musiciens soliste compris pour jouer des concertos, voilà qui n’est pas inintéressant. ajoutent des points d’originalité par le choix de pièces rares : un quatuor récemment redécouvert qu’on suppose du jeune Haendel, fin et allant, d’inspiration très italienne ; et une transcription d’époque de “La Cupis”, deuxième mouvement de la 5e pièce de clavecin en concert de Rameau. Cette dernière représente le moment le moins convaincant de la soirée, peut-être à cause d’un jeu parfois un peu désuni, mais surtout parce qu’avec le passage du trio au septuor, l’œuvre perd en finesse et en spontanéité.

Les concertos de Sarri et de Vivaldi (La Notte, contemporain et cousin de L’Automne des Quatre Saisons) témoignent d’une époque, le début du XVIIIe siècle, où la flûte à bec n’était pas encore supplantée par le traverso. Avec une fougue et une liberté dignes d’Il Giardino Armonico, Les Contre-Sujets illustrent tout l’intérêt de ce répertoire peu perméable au style galant. Enfin, véritable clou du concert, le jubilatoire concerto de Telemann pour flûte et viole de gambe est fort bien rendu, avec en particulier un « Dolce » très orné et un « Allegro » final, évoquant une danse polonaise, bien enlevé. Les deux solistes sont impeccables et nous gratifient dans le deuxième mouvement d’une cadence maison très réussie.

Soliste à la flûte à bec alto une bonne partie du concert, possède toutes les subtilités de son instrument ; , au violoncelle tout le reste du temps, assure une belle présence à la viole de gambe dans le Telemann. Dans l’ensemble, les Contre-Sujets font preuve d’une grande assurance et de beaucoup d’enthousiasme. Le risque d’un continuo avec contrebasse n’est cependant pas tout à fait mesuré, car, si les instruments solistes se détachent plutôt bien (la flûte à bec n’étant recouverte qu’une seule fois de tout le concert, dans le dernier mouvement de La Notte), l’équilibre global entre instruments de basse et de dessus peut être amélioré. De même, on peut désapprouver les tempi rapides souvent adoptés dans les mouvement lents (notamment dans le concerto de Sarri), mais n’est-ce pas là le lot des jeunes musiciens ?

En définitive, une prestation qui a de quoi ravir le connaisseur, l’amateur et le profane, et un jeune ensemble à suivre.

Crédits photographiques : © Jeunes Talents

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