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Herbert Blomstedt et le Gewandhaus orchester, magistraux dans Beethoven

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour Pianoforte, Violon, Violoncelle et orchestre, dit « Triple Concerto » en do majeur op. 56 ; Symphonie n° 5 en do mineur op. 67. Gewandhausorchester de Leipzig, direction : Herbert Blomstedt. Isabelle Faust, violon ; Jean-Guihen Queyras, violoncelle ; Martin Helmchen, piano. 1 DVD Accentus music. Enregistré live au Gewandhaus de Leipzig les 12 et 13 janvier 2017. Durée : 78’15

 

712dJnkpmsL__SL1200_À l’occasion de son 90e anniversaire, poursuit avec ce Triple Concerto et la Symphonie n° 5, sa relecture du corpus symphonique beethovénien dont la publication récente de la Symphonie n° 9 nous avait donné un avant gout prometteur. Une interprétation magistrale qui s’inscrit dans un projet d’intégrale à paraître très prochainement chez Accentus sous forme d’un coffret de 7 disques enregistrés durant un cycle de trois ans avec l’ dont le chef suédois fut le chef principal de 1998 à 2005.

Une lecture qui s’inscrit dans la droite ligne de la publication précédente : classique, dynamique et jubilatoire, où l’on sent toute la maturité musicale de ce chef emblématique  et l’intelligent profit qu’il a su tirer, à la fois des influences d’une certaine tradition germanique, parfaitement assimilée, et des interprétations  plus récentes dites « historiquement informées », réunies toutes deux, ici, dans un improbable et superbe syncrétisme. Une vision d’une grande pertinence qui prend garde d’éviter tout excès, refusant toute grandiloquence un peu datée comme toutes les outrances de certaines lectures récentes.

Le Triple Concerto, dont la première représentation publique eut lieu à Leipzig en février 1808, année de composition de la Symphonie n° 5, est l’occasion de retrouver en première partie, un trio d’instrumentistes fameux, , et . Tous trois nous livrent ici une interprétation de cette « Symphonie concertante » (encore que la conception beethovénienne de la symphonie soit bien loin de cette appellation) qui ne sombre jamais dans l’individualisme, les solistes ayant un souci constant et prenant un réel plaisir à s’écouter mutuellement. C’est de cette manière qu’une interprétation de haute volée, claire, équilibrée, romantique, est proposée, sachant trouver sous la direction d’ comme une évidence naturelle. L’Allegro initial, d’une admirable ampleur, fait la part belle à la sonorité exceptionnelle  du violoncelle, au lyrisme du violon et au jeu perlé du piano. Le Largo central très intériorisé et émouvant observe un court répit avant le Rondo alla polacca conclusif particulièrement virtuose et engagé.

Très attendue du public du Gewandhaus, la Symphonie n° 5 parachève le triomphe de cet enregistrement live, mettant en avant la qualité superlative de cette mythique phalange, tous pupitres confondus (cors, petite harmonie, contrebasses), transcendée par la direction extrêmement efficace et dépouillée du chef suédois qui évite tout effet de manche pour développer une vision d’une indiscutable grandeur, à la fois sereine et fervente annonçant déjà la neuvième symphonie. Sonorité magnifique, mise en place au cordeau, tempo dynamique, phrasé subtil, contrastes et relief de la narration… Rien ne manque à cette remarquable interprétation jubilatoire et envoutante qui traduit, à l’évidence, une connaissance sans faille des textes et une grande affinité entre le maître de Bonn et le chef suédois. Une belle présentation du livret et une prise de son satisfaisante ajoutent encore à l’attrait de ce DVD.

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  • Michel LONCIN

    S’agissant de la 9ème Symphonie, j’avais été TRES agréablement surpris de la lecture « d’un chef qui ne craint pas de passer pour « ringard » en ne « baroquisant » pas Beethoven comme tant et tant de ses confrères de la « jeune » génération, passés par la … « révolution baroque » et qui « baroquisent » à tour de bras la musique antérieure et postérieure au « siècle et demi » baroque » … Est-ce à nouveau ce qu’il convient d’entendre à nouveau dans cette 5ème Symphonie quand il est dit que si le présent enregistrement refuse « toute grandiloquence », il évite aussi « toutes les outrances de certaines lectures récentes » … ?

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