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Franck et Chausson régénérés par Isabelle Faust et Alexander Melnikov

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

César Franck (1822-1890) : Sonate pour piano et violon en la majeur ; Ernest Chausson (1855-1899) : Concert pour piano, violon et quatuor à cordes op. 21. Isabelle Faust, violon ; Alexander Melnikov, piano ; Quatuor Salagon. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré au Mas de Vert, Arles, en mai 2017. Durée : 67’11

 

franck_chausson_hmDeux œuvres parmi les plus emblématiques de la musique française du XIXe siècle reçoivent d’ et un traitement qui en renouvelle somptueusement les vertus et en enrichit l’écoute.

Cette entreprise magnifique et inspirée s’inscrit au point culminant de la discographie avec quelques autres lectures distinctes mais aussi souvent fascinantes. composa sa Sonate pour piano et violon en la majeur en 1886 à l’occasion du mariage du violoniste Eugène Ysaÿe. Il livrait ainsi une des sonates les plus romantiques et populaires du répertoire, de forme cyclique héritée de Franz Liszt. Le Concert pour piano, violon et quatuor à cordes marque une importante étape dans l’esthétique d’, artiste  qui cultiva un style intime et exotique, souvent personnel. Dans cette œuvre de 1890-91, basée aussi sur la formule cyclique, le mouvement Grave « demeure l’un des plus beaux thèmes qui soit sorti de la plume d’un musicien », précise Jean Gallois dans sa monographie publiée jadis chez Seghers.

La qualité interprétative de ces versions est le résultat d’une osmose obtenue par deux grands artistes travaillant ensemble régulièrement. Leur intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven avait été saluée d’une Clef d’Or ResMusica 2009 (Harmonia Mundi). joue avec des cordes en boyaux installées sur un Stradivarius « Vieuxtemps » de 1710 et sur un piano Erard datant des années 1885. En ce qui concerne la partition de Franck, la puissance poétique de l’œuvre est exacerbée par de magnifiques sonorités, par une lecture lyrique et engagée, par des timbres incomparables. Plutôt inclassable mais somptueux le célèbre Concert (ou Sextuor) de Chausson subit l’influence de son maître Franck et offre une fraîcheur peu rencontrée dans la plupart des versions antérieures tout en appartenant au style romantique tardif, teinté d’intimisme. Le premier mouvement « Décidé » tourmenté, précède une sicilienne gracieuse tandis que le quatrième mouvement bouillonnant exulte par accès impressionnants. Le , qui jusque-là s’était concentré sur le répertoire du XVIIIe siècle, contribue hautement à la réussite de l’ensemble.

Une équipe bien assortie, authentique et qui va s’inscrire pour longtemps en tête des préférences.

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