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E.T. en concert avec Stéphane Denève et le Brussels Philharmonic

Cinéma et musique, La Scène, ResBambini, Spectacles Jeune public

Bruxelles. Flagey. 16-IX-2017. John Williams (né en 1932) : E.T. the Extra-Terrestrial : bande originale du film réalisé par Steven Spielberg en 1982. Brussels Philharmonic, direction : Stéphane Denève.

Stephane-DeneveUne ambiance festive et décontractée émanait ce samedi des couloirs du Studio 4 de Flagey dans lesquels déambulaient de nombreux enfants les bras chargés de popcorn ou une barbe à papa à la main…  Le , placé sous la direction de , leur proposait en effet d’assister à un concert pas comme les autres. Un concert où l’on pouvait voir (ou revoir) le classique de Steven Spielberg E.T. l’Extra-Terrestre projeté sur grand écran, sublimé par une interprétation en « live » de la bande-originale… L’annonce de cet évènement a suscité un large intérêt du public amenant les organisateurs à ajouter une troisième date aux deux séances initialement programmées.

Le est un orchestre expérimenté dans le domaine de la musique de film. Il se fait fort d’une collaboration de longue date avec le festival du film de Gand et s’est illustré en 2005 en gravant la bande originale d’Aviator (composition d’Howard Shore récompensée par un Golden Globe), et plus récemment encore avec le phénomène The Artist, en 2012. La bande originale de Ludovic Bource avait été récompensée d’un Oscar, apportant un joli coup de projecteur sur le Brussels Philharmonic.

Mais l’enregistrement en studio d’une bande originale est un exercice bien différent de l’exécution devant un public. En studio, on peut s’interrompre et recommencer à enregistrer à l’envi, jusqu’à atteindre un idéal de perfection. En concert, c’est évidemment exclu. Une difficulté à laquelle s’ajoute la nécessité pour le chef d’orchestre de recourir à une concentration maximale pour maintenir une parfaite synchronisation entre son orchestre et les images projetées à l’écran. Pour ce faire,  est assisté d’un moniteur sur lequel apparaissent les images du film rehaussées de repères visuels telles que des barrettes défilant de gauche à droite de l’écran et permettant au chef de « voir » le début (apparition à gauche de l’écran d’une barrette) et la fin (disparition à droite de l’écran de cette barrette) de chaque intervention musicale. La balance entre la sonorisation (pour les dialogues et bruitages) et l’orchestre est correctement équilibrée, tant la musique que les dialogues restant pleinement intelligibles. Notons que le film était présenté avec un entracte. Autant cela apparaitrait regrettable dans le cadre d’une projection de film ordinaire, autant cette coupure est ici habilement exploitée. Une fois le film interrompu juste après la scène de l’envol d’Eliott et E.T. en vélo BMX, l’orchestre a en effet continué à jouer le célèbre thème musical pendant que la salle s’éclairait, laissant l’orchestre affirmer son statut d’acteur principal de cet après-midi musical. Il en a été de même en début de seconde partie de film, l’orchestre interprétant librement quelques minutes de musique avant que la projection ne reprenne. Le Brussels Philharmonic s’est pleinement investi dans l’exercice et a su nous faire oublier le London Symphony Orchestra qui avait enregistré la partition en 1982. On en retient un joli pupitre de flûtes et l’engagement des violoncelles. Les violons à l’aigu peuvent par contre encore gagner en velouté.

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Au premier abord, on aurait pu s’interroger sur l’intérêt d’assister à ce type de ciné-concert. En effet, dès lors que le spectateur se voit projeter le film dans toute sa substance (images, dialogues, bruitages et musique), l’attention qu’il peut porter à la musique ne peut s’en trouver que fragmentée. À l’issue de cette initiative du Brussels Philharmonic, l’omniprésence de la musique se révèle manifeste tout au long de la projection de ce long-métrage et permet de prendre conscience du nombre limité de thèmes musicaux qui structurent la partition et de prêter attention aux multiples variations d’orchestrations que leur apporte pour enrichir les images de nouvelles couleurs orchestrales… On retient ainsi la jolie mélodie de At Home chantée par la harpe en solo et plus tard réinterprétée par les lamellophones (E.T. Is Alive !). On s’est également amusé à reconnaître une citation du thème de Yoda (composé pour la B.O. de l’Empire contre attaque), lorsque E.T. rencontre un enfant costumé en Yoda pendant la promenade en rue lors de la fête d’Halloween…

Le Brussels Philharmonic peut s’enorgueillir d’un joli succès pour ce projet qui tient certes davantage du divertissement que du concert classique. Mais rappelons pour les amateurs de musiques de film que ce type de ciné-concert présente l’intérêt non négligeable de permettre d’entendre l’intégralité d’une bande-originale, ce qui dans le cadre d’une stricte exécution de concert semblerait difficilement envisageable. Cette initiative permet aussi au jeune public d’apprécier en live, peut-être pour la première fois, un orchestre symphonique de qualité, et cela dans une ambiance ludique et conviviale.

Crédits photographiques : Stéphane Denève © SWR et le Brussels Philharmonic © Brussels Philharmonic

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