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Le Quatuor Arod défend Mendelssohn à l’Arsenal de Metz

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Metz. Arsenal. 6-XII-2017. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Quatuors à cordes op. 44 n° 2 et op. 13. Benjamin Attahir (né en 1989) : Al ‘Asr. La prière de l’après-midi. Quatuor Arod.

Quatuor Arod_cop_Verena Chen (2)Mendelssohn face au jeune compositeur : l’audace est là où on ne l’attend pas.

Rien ne réchauffe autant le cœur du mélomane, rien ne lui donne plus foi en l’avenir de la musique classique que la passion avec laquelle les jeunes musiciens s’engagent dans la carrière certes glorieuse, mais ardue du quatuor à cordes. Le fait partie des jeunes espoirs français, et ce concert messin confirme ces espoirs. Mendelssohn, au programme de leur premier disque, est souvent considéré, encore aujourd’hui, comme un compositeur secondaire : les Arod s’en font les convaincants avocats, cherchant moins le simple agrément sonore que la mise en évidence de la haute inspiration de Mendelssohn. Le son est chaleureux, les couleurs plutôt sombres ; plutôt que par le dialogue des timbres, c’est visiblement par la construction commune d’un son collectif que les musiciens abordent l’exercice du quatuor – on en voit parfois les limites, par exemple, dès le début du concert, avec le premier mouvement du quatuor op. 44 n° 2, où le premier violon n’exerce pas le rôle moteur qu’on attend ici de lui.

Le choix d’un son unifié, faisant du quatuor un instrument unique plutôt que le dialogue de voix diverses, est celui que suit aussi le compositeur dans l’œuvre qu’il a écrit pour le , dans le cadre du réseau La Belle Saison, qui regroupe autour du théâtre des Bouffes du Nord un grand nombre de salles de musique de chambre. L’œuvre, inspirée des ambiances musicales du monde musulman, est sans doute colorée et agréable à écouter, mais son ambition est trop modeste pour soutenir véritablement l’attention pendant plus de vingt minutes. Le concert le montre sans ambiguïté : il y a plus d’audace musicale chez Mendelssohn que dans ce langage musical tourné vers le passé.

Crédits photographiques : © Verena Chen

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