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Daniel Lozakovitj en récital à la Fondation Louis Vuitton

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Auditorium de la Fondation Louis Vuitton. 28-VI-2018. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Partita n° 2 pour violon seul BWV 1004 ; Fritz Kreisler (1875-1962) : Recitativo und Scherzo-Caprice op. 6 ; Niccolo Paganini (1782-1840) : Caprice n° 21 et n° 24 ; Nathan Milstein (1903-1992) : Paganiniana. Daniel Lozakovitch, violon.

Daniel Lozakovich Credit Lev Efimov-OPour ce récital très attendu à la Fondation Vuitton, le jeune violoniste prodige, , âgé de 17 ans, livre au public parisien, une interprétation violonistiquement irréprochable, mais encore imparfaitement aboutie musicalement.

Né à Stockholm en 2001, poursuit, depuis quelques années, une irrésistible ascension, après un début de carrière fulgurant en 2015, sous la houlette de Valery Gergiev. Actuellement sous contrat d’exclusivité avec Deutsche Grammophon, son premier opus discographique, consacré à J. S. Bach, est paru en juin dernier.

Pour ce récital, le violoniste suédois, reprenant en partie le programme de son disque, fait preuve d’une audace assez crane en proposant d’entrée de jeu la Partita n° 2 pour violon seul de Bach, suivie de pièces de bravoure comme le Recitativo und Scherzo de Kreisler, les Caprices n° 21 et 24 de Paganini, et enfin la Paganiniana du grand . Programme ambitieux s’il en est, tant violonistiquement que musicalement, qui a le mérite de mettre clairement en évidence les forces, et relatives faiblesses, du jeune violoniste.

Il serait bien réducteur de considérer la Partita n° 2 comme une simple pièce de virtuosité ou comme un exercice pédagogique, et c’est bien là que le bât blesse… L’Allemande inaugurale est abordée, ici, avec une application presque scolaire, une retenue et une sobriété méritoires certes, mais sans ce petit supplément d’âme qui fait le propre des grandes interprétations. On s’aperçoit rapidement que Daniel Lozakovitj retrouve plus de spontanéité et d’aisance dans les séquences rapides et virtuoses, comme dans la Courante ou la Gigue, où le violon se fait plus allègre, mais devient rapidement moins convaincant dans les passages où l’affectif domine, comme dans la Sarabande et bien sûr l’exceptionnelle Chaconne conclusive. Au plan purement violonistique, la prestation est inattaquable, avec un jeu clair, sobre et facile, une sonorité ronde bien projetée, une virtuosité véritablement étonnante, maniant avec une facilité déconcertante toutes les difficultés techniques du violon, tant dans la redoutable digitalité que dans le savant maniement de l’archet. Toutes prouesses qui donnent ensuite leur pleine mesure dans les courtes pièces de Kreisler, Paganini et Milstein.

À retenir de ce récital, un violoniste tout jeune et néanmoins exceptionnel, encore en devenir, à suivre attentivement dans les années qui viennent…

Crédit photographique : Daniel Lozakovitj © Lev Efimov

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