Artistes, Compositeurs, Portraits

Edouard Lalo [1823 – 1892], compositeur

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est né le 27 janvier 1823 au 10, rue des Tours à Lille. Sa famille, d’origine espagnole, est implantée dans le nord de la France depuis le XVIè siècle. Son père, natif d’Arras, était officier de Napoléon. Edouard Lalo reçut une éducation des plus honorables. Très vite il fut attiré par la musique au désespoir de son père qui le voyait devenir militaire. Inscrit au conservatoire de Lille il suit les cours de violon par Muller et de violoncelle par Pierre Baumann.

À 16 ans, opposé à son père, il quitte Lille pour Paris, «seul et sans ressources». Afin de se perfectionner, il entre au conservatoire en auditeur dans les classes de Habeneck (violon), Schulhoff et Crévecœur (composition). Pour vivre il donne des leçons de violon et effectue diverses tâches obscures. Il publie en 1849, six romances populaires (dans le style d’Halévy). Violoniste, il va écrire diverses pièces pour piano et violon. Lalo compose essentiellement de la musique de chambre et crée le quatuor Armingaud en 1855. Découragé par l’indifférence du public, il délaisse la composition pendant plusieurs années. En 1865 il se marie avec une chanteuse dont la voix de contralto lui redonne goût à la composition. Il participe à un concours d’œuvres lyriques, il écrira Fiesque d’après Schiller. Cette œuvre est semée d’embûches. L’opéra fut classé troisième au concours et même si La Monnaie s’y intéressa, la partition intégrale ne fut jamais créée.

Le matériel thèmatique de Fiesque fut abondamment réutilisé par Lalo, notamment dans la symphonie en sol, le divertissement (qui est en fait le ballet de Fiesque), Néron…. Il écrivit pour Sarasate son concerto pour violon en fa et la fameuse symphonie espagnole 1874 et 1875. Ces deux œuvres reçurent un triomphe. Le non moins célèbre concerto de violoncelle fut composé en 1876. En 1882, l’Opéra représente son ballet Namouna. En 1888, Lalo donne Le Roi d’Ys basé sur une légende bretonne, un opéra est enfin créé…, rarement donné de nos jours, la musique est parfois proche de celle de Wagner… Me croirez vous si je vous dis que le premier accord de Fiesque (1866) (double croche «sec» est l’accord de Tristan.) ? Suivra La Jacquerie (création posthume terminée par Arthur Coquard 1895.).

Lalo, malade du cœur, mourut le 23 avril 1892 à son domicile. Tous les musiciens de la capitale étaient à son enterrement. «L’habit à palmes vertes n’a pas été étendu sur le cercueil du pauvre grand artiste. Nous irons quelques jours déposer sur sa tombe une couronne de laurier.» E Reyer.

Lalo a donné une impulsion non négligeable à la musique de chambre en France (trio, quatuor,sonates…)

Jugements
«Sans Namouna, Espana n’aurait pas existé» (E. Chabrier)
«Rien n’y manque ni l’éclat, ni la verve, ni la gaieté; et cependant la tenue artistique reste parfaite.» (G. Fauré)
«Toute l’œuvre de Lalo demeure un modèle incomparable d’instrumentation.» (P. Dukas.)

Bibliographie

Il n’existe pas de monographie récente sur Lalo en français. On trouve encore chez des bouquinistes le livre de Georges Servieres Lalo vers 1920.
Récemment Joël Marie Fauquet a publié Edouard Lalo Correspondance, paris, 1989 épuisé.
Du même auteur une monographie en espagnol (et oui) Lalo,Clasicos De La Musica en 1980.

Catalogue

* signifie que l’œuvre a été enregistrée au disque.

Opéras

Fiesque 1866-67 (ouverture*)
Le Roi d’Ys* 1875-1888
Néron (Pantomime avec chœur) 1891
La Jacquerie 1891-1892 terminé par Arthur Coquard 1895.

Musique vocale

O Salutaris pour trois voix de femmes et piano ou orgue 1876.
Litanie de la sainte Vierge choral pour dessus, ténor, basse avec orgue ou piano.1884.
Veni Creator pour voix de femme et piano ou orgue, n.d.
Environ une trentaine de mélodies, la plupart ont été enregistrées.

Musique orchestrale.

2 symphonies détruites par Lalo.(des fragments auraient été réutilisés.).
2 aubades pour petit orchestre d’après Fiesque* v 1872.
Divertissement* (ballet de Fiesque) 1872.
Concerto pour violon en fa * 1873.
Symphonie espagnole* 1874.
Symphonie espagnole*1874.
Allegro appasionato pour violon et orchestre 1875.
Concerto pour violoncelle en ré* 1877.
Fantaisie norvégienne pour violon et orchestre* 1880.
Rapsodie norvégienne*, 1879.
Romance-sérénade pour violon et orchestre* 1879.
Concerto russe pour violon et orchestre* 1879.
Namouna*, ballet 1882.
Namouna*, ballet 1882.
Fantaisie ballet pour violon et orchestre 1885.
Andantino pour violon et orchestre n.d.
Sérénade pour cordes d’après Namouna.
Symphonie en sol* 1886.
Symphonie en sol* 1886.
Concerto pour piano et orchestre en fa* 1888.

Musique de chambre

Fantaisie originale pour violon et piano* 1848.
Allegro maestoso pour violon et piano* 1848.
Deux impromptus pour violon et piano* 1848.
Arlequin, esquisse caractéristique pour violon ou violoncelle et piano* 1848.
Trio avec piano n°1* 1850.
Pastorale et scherzo alla Pulcinella pour violon et piano 1850.
Trio avec piano n°2* 1852.
Sonate pour violon et piano* 1853.
Chanson villageoise pour violon ou violoncelle et piano 1854.
Allegro pour violon et piano 1856.
Soirée parisienne pour violon et piano 1856.
Sonate pour violoncelle et piano* 1856.
Quatuor à cordes* 1859 et révision en 1880.
Trio avec piano n°3* 1880.
Guitare pour violon et piano* 1882.

Piano

Une sérénade (1862) et la mère et l’enfant pour piano à 4 mains 1873.

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