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Vadim Tchijik à propos des Soirées musicales du Marais

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photo_vadim_2Le festival « Les soirées musicales du Marais » vient de se créer à Paris sous l’impulsion de son jeune créateur, le violoniste virtuose et a déjà donné lieu à quatre concerts répartis en deux week-end.

« La place prépondérante donnée à la multiplicité des cultures et la tentative de reproduction de l’intimité des salons du XIXe ont été mes principales préoccupations. »

ResMusica  : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le lieu choisi pour ce festival ?

 : Le Marais est un quartier de Paris où les concerts et récitals sont donnés d’une manière assez aléatoire. Aucun événement musical n’a encore vraiment permis de donner une impulsion forte afin de rassembler le public et de le fidéliser. Ce qui est bien dommage car le Marais est un quartier chargé d’Histoire avec une multiplicité d’influences culturelles et ethniques. Toutes ces caractéristiques font de ce quartier un terrain propice à la création d’un événement culturel capable de relier ces multiples influences et de fidéliser le public.

RM : Les concerts se tiennent dans la Chapelle de l’Humanité. Cette dernière se veut le symbole de cette volonté de donner une place de choix à la culture ?

VT : Oui, en effet. La Chapelle de l’Humanité est, selon le philosophe Auguste Comte, un panthéon consacré aux grands personnages de l’humanité. Elle recèle de nombreux trésors comme cette allégorie représentant l’Humanité portant l’Avenir dans ses bras du peintre brésilien Eduardo de Sa ou ces toiles marouflés de Manuel Madruga et tant d’autres chefs d’œuvres. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas et l’observation de ces œuvres magnifiques prolongent admirablement une soirée. De nombreux mélomanes restent en effet après le concert pour visiter la Chapelle de l’Humanité.

RM : Parlons maintenant de musique. Comment s’est orienté votre choix dans la programmation de ce festival ?

VT : La place prépondérante donnée à la multiplicité des cultures m’a amenée à m’orienter vers un large choix d’œuvres, de compositeurs, de périodes et genres musicaux regroupés comme autant de soirées à thème. La tentative de reproduction de l’intimité des salons du XIXe a aussi été une de mes principales préoccupations et ceci afin de favoriser un véritable rapprochement du public. On a pu assister alors à une soirée de musique brésilienne avec des œuvres pour guitare seule de Villa Lobos ou une soirée baroque construite autour d’œuvres d’Hotteterre, Biber, Bach et Telemann. La musique de chambre et le violon ont aussi été évidemment mis à l’honneur avec des sérénades pour trio à cordes de Beethoven et von Dohnanyi ou des œuvres mettant en relief la virtuosité du violoniste telles les caprices de Paganini, les Recitativo et Scherzo de Kreisler ou la Chaconne de Bach. Une soirée romantique alliant violon et guitare dans des œuvres de Schubert et Paganini ainsi qu’une soirée de musique Klezmer clôtureront le festival les samedi 30 novembre et dimanche 1er décembre prochains.

RM : Vu la richesse du programme, avez-vous eu des difficultés à réunir les artistes présents lors de ce festival ?

VT : Pas réellement. Tous les artistes présents lors de ce festival ont répondu très rapidement et positivement à mon appel. Chacun a pu trouver sa véritable place dans un festival où sa différence de culture, d’influence musicale, contribuent à enrichir et construire l’événement. C’était bien là l’objectif recherché. Signalons de même que tous les artistes sont de très haut niveau et se produisent dans le monde entier ; ce qui renforce leur volonté commune de participer à cet événement dans un esprit de partage et d’amitié.

RM : Le festival « Les soirées musicales du Marais » est votre première expérience en tant qu’organisateur, qu’en retirez-vous ?

VT : J’ai depuis longtemps projeté d’organiser un festival comme « les soirées musicales du Marais ». C’est quelque chose que je concrétise aujourd’hui et qui me donne une expérience très enrichissante. Organiser un tel festival avec un budget réduit est une chose difficile mais très stimulante. La plus grande difficulté de cette première aura certainement été le manque de moyens de promotion. Cela n’a toutefois pas empêché le public de s’intéresser et d’être présent en nombre suffisant, pour une première édition du festival, à nos deux premières séries de concerts. Ceci augure donc d’une suite plus heureuse pour les éditions futures surtout si l’on y ajoute la possibilité de toucher plus de monde en s’appuyant sur un nombre plus grand de partenaires : institutions, écoles, entreprises et commerces. Il faut, à ce propos, ne pas oublier de remercier les partenaires de cette première édition que sont : L’école du Marais, l’Argenterie de Turenne, la lutherie « A Bru et Perrin » ainsi que le restaurant « L’Orée du Marais » et qui m’ont aidés à concrétiser ce premier projet.

Crédits photographiques : © CYAN

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