Ouvertures de Étienne Nicolas Méhul

À emporter, CD, Musique symphonique

Méhul (1763-1817) : 9 Ouvertures. Disque ASV, Orchestre de Bretagne dirigé par Stefan Sanderling. 71 minutes

 

mehul-298x300La firme ASV et l’orchestre de Bretagne dirigé par nous gratifient d’un enregistrement de neuf ouvertures de Etienne-Nicolas Méhul. En cette année Berlioz, il est précieux de pouvoir écouter ces œuvres qui sont, avec celles de Lesueur, le creuset du génie berliozien. Méhul souffre de son étiquetage de musicien de la Révolution, du Consulat et de l’Empire et résonne, pour beaucoup à nos oreilles, comme le compositeur du Chant du Départ. Toutefois il participe avec beaucoup de talent au renouveau de la musique symphonique française en composant quatre symphonies remarquablement équilibrées.

Ce CD présente neuf ouvertures qui s’échelonnent de 1793 à 1807. Mélidore et Phrosine (1794) préfigure sans doute le Freischütz de Weber. L’ouverture est liée, comme l’opéra, à des motifs récurrents – préfiguration du leitmotiv. Celle d’Ariodant (1799) fraîche, subtile, dont la musique a pour particularité l’utilisation de trois violoncelles soli accompagnés par le reste du pupitre et les contrebasses : effet saisissant. Joseph (1807) est resté au répertoire. Certains éléments, comme le poids des accords, laisse à penser, que Berlioz en fut fort inspiré. Horatius Coclès (1794), en son temps abondamment donné par Beecham, est truffé de tours harmoniques inattendus. Une étude sur le timbre marque Bion (1800), avec des effets cumulatifs aux vents ou encore l’association piccolo et cordes aigues pizzicato. Le jeune sage et le vieux fou (1793) est une alternance burlesque entre ce jeune sage et ce vieux fou illustrés à l’orchestre par les flûtes en sol mineur (pour le jeune sage) et aux violoncelles et contrebasses en sol majeur (pour le vieux fou). L’ouverture du Trésor Supposé est un scherzo «   perBeethoven  ». Les Deux Aveugles de Tolède est un véritable ancêtre du poème symphonique où rythme de boléro et de thèmes espagnols font de cette partition un plaisir inégalé. La chasse du jeune Henri termine ce CD de 71 minutes.

L’interprétation de Sanderling est fidèle à l’esprit de la musique de Méhul. Les finesses dans l’orchestration sont toujours soignées. Les rythmes, parfois difficiles sont toujours tenus. Quant au timbre on ne peut que féliciter les vents pour leur joliesse auditive. Toutefois il aurait fallu que Sanderling proposât l ‘ouverture de l’ Irato. En effet cette partition, à l’instar de Dauvergne, est une plaisanterie que Méhul aurait faite à Napoléon. Ce dernier aimait la musique italienne plus que la française, Méhul excédé fit représenter Irato sous le pseudonyme de «  signor Fiorelli  » et Napoléon tomba, paraît-il, dans le piège. Faute avouée, notre compositeur fut moins apprécié par le Premier Consul.

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