Bob Fosse au Théâtre du Châtelet, le Show

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre du Châtelet 13.I.2004. « Bob Fosse, le Show ». Conception : Ann Reinking. Décors et costumes : Santo Loquasto. Arrangements musicaux : Gordon Lowry Harrell. Orchestrations : Ralph Burn et Douglas Besterman. Chorégraphies de Bob Fosse remontées par Chet Walker, avec Ben Vereen et Solistes et Compagnie « Fosse ». Orchestre, direction : Ross Scott Rawlings.

Et voici, installé au Châtelet pour un mois, le spectacle mythique « , le Show » créé à New York en 1999 et que l’on présente à Paris dans une version remaniée en 2001. Un best of caractéristique du style du chorégraphe américain aux huit Oscars, disparu en 1987, avec des hauts et des bas mais, dans l’ensemble, un beau spectacle.

Il est si rare de voir à Paris la comédie musicale américaine si bien traitée qu’il serait déplacé de bouder notre plaisir. Le spectacle présenté par le Châtelet pour ouvrir sa saison d’hiver, bien que mené de main de maître par de vrais professionnels du musical, n’est cependant pas exempt de défauts. Le principal est sa conception. Pourquoi faut-il attendre une heure (sur les deux qu’il dure dans sa version remaniée pour Londres en 2001, contre trois dans l’original de Broadway) pour qu’il décolle, puisqu’il finit bien tout de même par décoller? La première partie piétine, malgré de beaux tableaux comme celui des entraîneuses « Big Spender » de Sweet Charity. La succession de tableaux chorégraphiques sur la scène vide donne vite l’impression d’une vitrine froide où l’on aurait exposé le style , les déhanchements, la virtuosité des genoux, le magnifique travail de poignets et des mains que soulignent les gants blancs et les inépuisables chapeaux melons. Le vénérable chanteur Ben Vereen, collaborateur d’origine de Fosse tout comme la réalisatrice du show Ann Reinking, tente bien de faire le lien, mais on reste sur sa faim. Dans la seconde partie les superbes éclairages d’Andrew Bridge, les costumes plus variés que ceux tous noirs du début et quelques grands classiques issus de Chicago, Cabaret et Dancin’ donnent plus à rêver au public français qui connaît mieux Fosse par ses films que ses œuvres scéniques. « Bye-bye », « Mein Lieber Herr » de Cabaret est superbement interprété par une chanteuse qui ne cherche pas à singer Liza Minnelli. Ben Vereen donne à « Razzle Dazzle » de Chicago tout le chic voulu, « Mr Bojangles » de Dancin’ est chanté avec une suavité à la Elton John par un danseur dont on avait admiré le style dès le début. Le tableau final « Benny Goodsman’s Sing Sing Sing » de Dancin’ est tellement énergique et éblouissant que l’on se dit, c’est un comble, qu’il aurait fallu commencer par lui ! L’orchestre juché sur une estrade sur la scène, dont on ne voit les musiciens qu’au final, mérite autant d’éloges que tous les participants à ce show made in Broadway.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.