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Krebs ou Bach en héritage par Olivier Vernet

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Johann Ludwig Krebs : Clavier Übung. Olivier Vernet : Orgue, Ensemble « … In Ore mel… » ; Noémi Rime, Isabelle Vernet, Hervé Lamy, François Bazola. 1 CD Ligia Digital. Lidi 0104136-04.71’00’’. DDD. 2004.

 

Krebs ou Bach en héritageOn ne peut que louer l’idée de Ligia Digital de réaliser cette présentation de . Cet enregistrement s’inscrit d’ailleurs dans une série consacrée aux successeurs de Bach dont de nombreux sont restés dans l’ombre du maître de Leipzig. vit le jour le 10 octobre 1713 Buttelstedt près de Weimar. à l’âge de treize ans, il entre à l’école Saint-Thomas de Leipzig, où il rencontre Bach et devient son élève. Très vite, le maître décèlera le talent du jeune compositeur. Il ressortira de cette école neuf ans plus tard, avec une recommandation en poche pour le clavier, le violon, le luth et la composition. Parmi ses activités, citons entre autres, celles de copiste des cantates et de claveciniste du Collegium Musicum. En parallèle, il a toujours répondu à l’appel de Bach quand celui-ci recherchait un bon chanteur. A sa mort, le premier janvier 1780, Krebs a laissé bon nombre de compositions, qui n’ont malheureusement pas fait l’unanimité de la critique.

L’œuvre présentée sur cet enregistrement est une moitié de la « Clavier Übung » (deux parties sur quatre). Comme la plupart de ses œuvres, elle a été écrite à la fois pour le clavecin et l’orgue. C’est sur cet instrument (et plus précisément l’orgue Thomas du prieuré de la Cotellerie-Bazougers), qui rend toute l’ampleur à ces pièces, qu’ a choisi d’enregistrer la « Clavier Übung ». L’organiste est né à Vichy en 1964. Après de brillantes études (notamment auprès de Marie-Claire Alain et Michel Chapuis), il est nommé professeur au CNR de Tours et est titulaire de l’orgue Bernard Aubertin de l’église Saint-Thomas de Vichy (le plus grand orgue d’esthétique baroque allemande de France). En outre, il se produit régulièrement dans toute l’Europe, mais aussi en Amérique du Nord et au Japon. Il a également enregistré 55 CD, dont l’intégrale des œuvres de Bach. Avec Noémi Rime, Isabelle Vernet, et François Bazola, il vient de fonder l’ensemble « … In Ore mel… » qui se consacrera aux œuvres vocales et instrumentales des XVIIème et XVIIIème siècles.

L’enregistrement débute de manière magistrale par un prélude en ut majeur où les sonorités éclatantes du clavier contrastent avec les sons graves du pédalier. Vient ensuite la première partie de l’œuvre, commençant par « Allein Gott in de Höh sei Ehr » (A Dieu dans les cieux soit la gloire) ; on retrouvera un autre prélude au milieu de l’enregistrement, en fa majeur, avant la deuxième partie. Originalité de ce CD, fait précéder chacun des treize chorals de la « Clavier Übung » d’une cantate de Bach (celle dont Krebs a « emprunté » le titre), où l’orgue accompagne les quatre voix de l’ensemble « … In Ore mel… ». Toutes ces œuvres de Krebs, pour orgue seul, sont bâties sur le même type : un Praeambulum, suivi de deux chorals, le premier intitulé simplement « Choral », le second « Choral alio modo », les deux dernières parties développant différemment le thème du praeambulum, chacun des développements étant naturellement dans un pur style baroque. La comparaison entre les œuvres de Krebs et les cantates de Bach est des plus intéressantes. Certes, on perçoit que Krebs puisait son inspiration dans les pièces de son maître, mais ce ne sont pas les seules racines. On ressent en effet l’esprit de Telemann planer sur les compositions du compositeur.

Il n’y a rien à redire quant à la réalisation de cet enregistrement : Les bonnes prises de son mettent en valeur à la fois l’orgue et les voix des chanteurs (quand elles sont présentes). Le petit livret accompagnant le CD, présente le compositeur, son œuvre et les interprètes. En seconde partie, il comporte les textes des cantates de Bach (en allemand, accompagnés de leur traduction en français), ainsi que le magnifique instrument (de 23 jeux) de l’église Sainte-Marie, Mère du Rédempteur du prieuré de la Cotellerie-Bazougers, sorti de la manufacture d’orgues Thomas de Ster Francorchamps en Belgique. Il est à noter que l’instrument se rapproche de ceux réalisés par le célèbre facteur de Saxe Gottfried Silbermann.

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