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Basilique et Légion d’honneur V

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Légion d’Honneur – 19-06-2004, L.V Beethoven (1770-1827) Irish and Scottish Songs, Chansons populaires ; Joseph Haydn (1732-1809) Trio n°45 (« dans le style allemand ») ; Lorna Anderson (soprano), Paul Agnew (ténor), Peter Harvey (baryton), Alessandro Moccia (violon), Alix Verzier (violoncelle), Jérôme Hantaï (pianoforte)

lorna_anderson-300x344Festival de Saint Denis

Plaisants et légers, tendres et mélancoliques, nostalgiques ou ardents, chants d’amour, de joie, de rêve ou de peine, souvenirs heureux ou douloureux, voici quelques œuvres délicieuses de l’impérial et impérieux Beethoven à consommer sans modération. Tantôt pour baryton, ténor, soprano, les deux ou trois voix réunies, elles sont magistralement interprétées par trois excellents chanteurs britanniques du moment : Lorna Anderson (soprano), (ténor) et (baryton).

La complicité de l’ensemble instrumental jouant sur instruments anciens formé par Jérôme Hantai (pianoforte), (violon) et Alix Verzier (violoncelle) qui les entourent s’avère tout aussi précieuse, illustrant avec brio et finesse la vivacité des couleurs d’un Beethoven terriblement attachant.

Beethoven composa en 1809 ses arrangements pour voix, piano, violon et violoncelle sur des chants populaires anglais, irlandais, écossais et gallois à la demande de l’éditeur écossais de chants populaires George Thomson pour lequel il avait déjà écrit en 1803 plusieurs arrangements de chants populaires. Il traîna un peu des pieds mais finalement accepta. L’ensemble fut publié en 1818 en Angleterre et sur le continent mais n’obtint pas le succès escompté. Les textes sont signés Robert Burns, Walter Scott, William Smyth, Lord Byron, Thomas Campbell, W.R Spencer, Joanna Baillie. Nostalgie, douceur, tendresse, amour, joie et espérance, tous les sentiments de ces chants étaient exprimés avec talent et finesse par ces grands trois chanteurs britanniques qui prenaient visiblement un immense plaisir à offrir ces textes dans un accent parfait au public français. Il y avait la délicatesse et l’enchantement vocal de Lorna Anderson qui chante régulièrement avec l’Orchestre of the Age of Enlightenment, The King’s Consort, l’Orchestre de la BBC, la Chapelle Royale. A ses côtés, la voix élégante, subtile et charmeuse de , superbe Abaris des « Boréades » de Rameau et celle capiteuse et profonde du baryton , spécialiste des répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles, ancien élève du Magdalena College d’Oxford et de la Guildhall School of Music and Drama de Londres et invité régulièrement par The English Baroque Soloists, le Collegium Vocale, les Talens Lyriques ou Il Seminario Musicale.

En bis, l’ensemble a offert un délicieux « God save the King » et le traditionnel chant de fin d’année « Auld Lanzine » (version originale de « Ce n’est qu’un au revoir »). C’est très probablement lors de son second séjour londonien de janvier 1794 à août 1795 que Haydn écrit son Trio n°45 « dans le style allemand » pour pianoforte, violon et violoncelle dédié à Thérèse Jansen, excellente pianiste allemande installée à Londres. Dans l’ensemble des trios de Haydn, le pianoforte domine. Les éditeurs de l’époque mentionnent d’ailleurs « sonates pour le pianoforte, avec accompagnement d’un violon et d’un violoncelle ». Avec ses trios, Haydn recherche le « style populaire » en s’inspirant du folklore et de la musique de danse dans une écriture raffinée, savante, aux harmonies d’une grande richesse. Le Trio n°45 commence par un Poco allegretto très large avant un magnifique et hardi Andante con moto s’enchaînant avec l’élégant et brillantissime « Finale dans le style allemand ».

L’interprétation a été un régal d’intelligence mélodique, de dialogue et d’équilibre entre les trois instruments. Jérôme Hantai maîtrise magnifiquement son pianoforte et en tire des sonorités d’une grande finesse. Il exprime avec intelligence l’atmosphère très dansante de l’œuvre. , premier violon solo de l’Orchestre des Champs Elysées de fait chanter son violon en douceur et le violoncelle d’Alix Verzier est d’une grâce et d’une chaleur raffinées.

Crédit photographique : (c) DR

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