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Lieder de Dvořák par Bernarda Fink

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Antonín Dvořák. Lieder. Bernarda Fink, mezzo-soprano. Roger Vignoles, piano. 1 CD Harmonia Mundi. HMC 901824. DDD. 68’46’’. 2004.

 

Lieder de DvorákAvec quelques belles parutions récentes — notamment chez DECCA avec un enregistrement fabuleux du Voyage d’Hiver de Franz Schubert par le duo de choc Gœrne/Brendel ou chez Polymnie avec une intéressante compilation de Lieder, mélodies et transcriptions de chants populaires composés par Ludwig van Beethoven et interprétés par le duo Hacquard/Collet — Harmona Mundi propose ce qui peut être considéré comme un événement majeur pour tous les amoureux de la musique Tchèque en nous offrant cette copieuse compilation de Lieder d’.

Comme souvent, c’est l’Amour qui pousse pour la première fois le compositeur — alors âgé de vingt quatre ans — à créer diverses mélodies dédiées à Josefina Cermáková, l’aînée de deux sœurs à qui il donnait quelques leçons pour gagner sa vie. Il compose Les Cyprès en amoureux mais s’en servira plus tard dans l’élaboration d’un Quatuor à cordes et dans Quatre chansons op. 2. On se souvient que Franz Schubert utilisait déjà le Lied comme un matériau d’expérimentation pour l’élaboration d’œuvres plus complexes. Dvořák — avec ses 93 mélodies — s’inscrit dans cette tradition de créateurs pour qui le travail de préparation du terrain est indispensable. Ne nous méprenons pas ! Un Lied réussi est une des plus belles offrandes que la Musique puisse nous donner. C’est évidemment le cas ici et il n’est pas question d’en négliger la teneur et surtout la portée car le créateur écrit comme le Schumann le plus inspiré et le plus aimé. Mais c’est aussi l’éloge de la Nation tchèque qui donnera au compositeur une nouvelle inspiration. Le Lied sert la cause patriotique en permettant au créateur — comme se fut encore le cas avec Schubert en Autriche — de donner aux airs tirés de la tradition populaire l’occasion de montrer au Monde la richesse culturelle d’une Nation toute entière animée par une puissante tradition musicale. Avec le cycle Dans le style populaire (V národním tónu) ou les Mélodies tziganes (Cigánské melodie), Dvořák sonne alors admirablement « le réveil de la conscience nationale Tchèque ».

Qui mieux que la divine mezzo-soprano pouvait retranscrire ces pages. Après de brillantes études en Argentine — son pays de naissance — l’artiste s’installe en Europe et plus particulièrement à Prague. Ses origines Slaves l’y poussent certainement. Sa voix chaude et sensuelle distille un vibrato parfait puis se renforce grâce à une diction précise du Tchèque. L’accompagnement de est comme baigné de cette lumière car rien ne vient jamais déranger l’harmonie entre le pianiste et la chanteuse. Pour les amoureux du Lied ce disque est vraiment incontournable et restera inévitablement dans les grandes découvertes discographiques !

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