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Reconstruction de La Sylphide par Pierre Lacotte

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Paris. Opéra Garnier. 5-VII-2004. La Sylphide. Musique de Jean-Madeleine Schneitzhœffer, adaptation et chorégraphie de Pierre Lacotte. Solistes et ballet de l’Opéra national de Paris. Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction Ermanno Florio.

C’est avec une reconstruction du ballet original La Sylphide de Philippe Taglioni et Jean-Madeleine Schneitzhœfer par — référence qui a fait le tour du monde — que le Ballet de l’Opéra de Paris achève sa saison avec une matinée gratuite du 14 juillet. Occasion unique, à l’heure des relectures en tous genres, de vérifier l’impact du style romantique avec des interprètes exceptionnels.

Essence de romantisme et de féerie, La Sylphide, telle que nous la montre la reconstitution d’après des documents d’archives, est une pièce maîtresse du répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris qui aura, à la fin de la saison, été représentée 190 fois dans la capitale (sur un millier de représentations dans le monde) depuis 1972. Le miracle qu’opère quasi quotidiennement ce formidable corps de ballet est qu’aucune routine n’altère la fraîcheur de ces chorégraphies qui forment un fond de répertoire classique, véritable mine d’or pour une activité de création de pièces modernes ou contemporaines et sans laquelle surviennent immanquablement la sclérose et la mort des compagnies de danse.

Cette Sylphide comporte largement de quoi mettre en valeur le Ballet de l’Opéra avec sa grande fête du premier acte. La chaumière écossaise met en mouvement un régiment d’écossais et d’écossaises en kilts bleus et rouges. Puis nous invite à son grand Pas de deux des écossais interprété superbement par la très gracieuse et . Dans la forêt du second acte également, avec le grand déploiement de Sylphides impeccablement réglé.

, dernier danseur étoile nommé en mai dernier à l’âge de vingt ans après sa prise de rôle de Basilio dans Don Quichotte (voir article sur le site), devait danser deux représentations de cette reprise ; il a en plus remplacé à la première dans le rôle de James. Doté d’un physique magnifique, tout en bras et en jambes, le jeune Ganio a triomphé dans ce rôle difficile qui le maintient sur scène pendant toute la durée du ballet. Technique magnifique, aisance scénique, grande classe dans le jeu de pantomime, il ne lui reste plus qu’à vaincre — défaut déjà remarqué dans Don Quichotte — un aspect figé de son visage qui n’exprime pas encore assez les subtilités de sa pensée d’interprète. Il avait comme partenaire dans le rôle-titre une jeune première danseuse, elle aussi nouvellement promue au dernier concours interne du corps de ballet, , trente-et-un ans. Très légère et expressive, même si son jeu de bras n’est pas (encore) superlatif, elle a brillé dans cette prise de rôle. Caroline Bance a paru plus effacée dans le rôle da la malheureuse Effie, mais le rôle est bien peu propre à mettre en valeur sa titulaire. Jean-Marie Didière était impayable dans le rôle de la Sorcière comme dans tous les rôles de caractère qu’il interprète sur cette scène.

La musique de Jean-Madeleine Schneithœffer qui n’est pas la plus réussie du répertoire du ballet romantique n’est, de loin, pas le point fort de l’œuvre. Il faut rendre hommage à la direction d’Ermano Florio qui, avec un soin infini, eut l’immense mérite de lui donner un semblant d’unité.

Le spectacle fera l’objet d’un enregistrement pour une diffusion en DVD, comme la plupart des ballets classiques du répertoire du Ballet de l’Opera de Paris publiés par TDK (distribution Intégrale).

Rentrée du Ballet avec un spectacle Bel/Lander/Robbins du 22 septembre au 9 octobre à l’Opéra-Garnier.

Crédit photographique : (c) Icare

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Paris. Opéra Garnier. 5-VII-2004. La Sylphide. Musique de Jean-Madeleine Schneitzhœffer, adaptation et chorégraphie de Pierre Lacotte. Solistes et ballet de l’Opéra national de Paris. Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction Ermanno Florio.

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