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Krzysztof Penderecki, un Requiem Polonais

À emporter, CD, Musique symphonique

Krzysztof Penderecki (né en 1933) : Un Requiem Polonais. Izabela Klosinska, soprano ; Jadwiga Rappé, alto ; Ryszard Minkiewicz, ténor ; Piotr Nowacki, basse. Chœur philharmonique national de Varsovie (chef de chœur : Henryk Wojnarowski), Orchestre Philharmonique de Varsovie, direction : Antoni Wit. Album Naxos 2CD 8557386-87 (Intégral Classics distribution). 1h39. enregistré en 2003. Livret en anglais.

 

Les analystes, à la même enseigne que le compositeur lui-même, ont assez clairement défini et délimité les étapes stylistiques de . Né en 1933, il est rapidement devenu le compositeur polonais le plus renommé de son temps. Ce surdoué étudie au Conservatoire de Cracovie, suit des cours de philosophie et se passionne pour l’architecture. Très vite, il entre en contact avec les œuvres modernes qu’il s’agisse de Berg et Webern ou encore de Nono. Puis, il est bouleversé par l’école de Darmstadt. La gloire internationale lui est accordée en 1960 avec Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroschima. Dès lors, il devient une figure de proue de la vie musicale internationale même si, pour certains, il se trouve des partitions marquant un évident retour aux esthétiques du passé. L’intérêt de Penderecki pour le traitement des voix, pour le mélange des styles, pour la foi religieuse a conduit à l’adoption de grandioses partitions, toujours inspirées, toujours impressionnantes. Un Requiem Polonais en constitue une déclinaison exceptionnelle. Il est écrit pour quatre voix solistes, un grand chœur mixte et un ample orchestre sur plusieurs années à partir de 1984. La partition, profonde, parfois bouleversante, toujours habitée ne laisse pas d’impressionner l’auditoire. Et, le fait qu’il ait choisi de combiner habilement une esthétique néo-romantique des années 1970 aux procédés expérimentaux des années 1960, pour mieux faire ressortir les souffrances de la nation polonaise, majore l’acuité de l’impact émotionnel sur l’auditeur. Naxos a rassemblé, sous la direction de l’excellent et très expérimenté chef polonais , un effectif énorme pour un résultat remarquable. Œuvre contemplative, parfois quelque peu démonstrative, avec son diatonisme quasi tonal, flamboyante à l’occasion, Un Requiem Polonais illustre un renouveau national à une époque où l’oppression totalitaire la muselait encore terriblement. Une expérience enrichissante et le témoignage irremplaçable d’un grand créateur de notre temps qui sans complexe use (et parfois abuse) de tous les moyens compositionnels dont il peut, talentueusement, s’emparer avec avidité et autorité. Le présent coffret, un jalon de plus dans l’intégrale Penderecki entreprise par Naxos avec Antoni Witt, rivalise sans peines avec les versions précédentes dirigées par le compositeur lui-même (chez Deutsche Grammophone, indisponible, ou chez Chandos, couplé avec the Dream of Jacob).

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