Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Guillaume Coppola, jeune pianiste en devenir

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Paris, Centre Historique des Archives Nationales, 15-I-2005. Claude Debussy (1862-1918) : Feuilles Mortes, La Puerta del Vino, Feux d’artifice (extraits des Préludes, Livre II). Franz Schubert (1797-1828) : Impromptu en la b majeur opus 142 n° 2. Frédéric Chopin (1810-1849) : Valse en ut # mineur opus 64 n°2, Valse en mi b majeur opus 18. Sergeï Rachmaninov (1873-1943) : Prélude en ut # mineur opus 3 n°2. Franz Liszt (1811-1886) : Funérailles (extrait des Harmonies poétiques et religieuses), Troisième Rêve d’amour. Robert Schumann (1810-1856) : Sonate n° 2 en sol mineur opus 22. Guillaume Coppola, piano.

« Jeunes Talents » à l’Hôtel de Soubise

Le hasard des rues suscite parfois de jolies rencontres. Promenez-vous donc le week-end dans le marais et arrêtez-vous au Centre Historique des Archives Nationales où sont proposés, tous les samedis à 18h30, des concerts offerts par de jeunes talents. L’association, du même nom et dont le Président d’Honneur n’est autre qu’Henri Dutilleux, a pour but d’aider de jeunes musiciens, chanteurs et compositeurs – âgés de 18 à 26 ans, pour la plupart issus du Conservatoire National Supérieur de Musique et d’autres grandes écoles européennes et déjà habitués aux concours nationaux et internationaux – à se produire en public. Dans le cadre d’un programme intitulé « En blanc et noir » nous avons eu le plaisir d’entendre ce samedi soir un jeune pianiste, , dont le mérite était d’emblée de remplacer au pied lever la pianiste Eliane Reyes. - diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et habitué à la scène depuis ses représentations, entre autres, à l’Archipel, à l’Opéra-Théâtre de Besançon ou encore au Festival de la Roque d’Anthéron – a su relever le défi en nous proposant un magnifique programme dont la maîtrise était irréfutable. Dans l’intimité de l’Hôtel de Soubise et pour ouvrir ce moment musical, Feuilles mortes de Claude Debussy fut un petit joyau. La pensée harmonique si subtile sous les doigts de notre jeune pianiste a permis au public de goûter les raffinements et la beauté lancinante debussystes. Certes, il était consternant que ces quelques pages si pures et si fragiles aient été jouées dès les premiers instants faute d’un public qui, à défaut d’être « tousseur », était « gigoteur », créant une série de froissements de papier sans doute à la recherche du titre de l’œuvre entendue. Malheureusement, il était regrettable d’avoir à supporter ces horribles « feuilles vivantes » alors que de délicates feuilles mortes teintaient à notre oreille.

Peut-être aurait-il été plus judicieux de débuter cette heure musicale par l’Impromptu de Schubert dont la simplicité parfaite fut distillée par le charme mélodique de l’interprète teinté d’une douceur nostalgique qui rendait à merveille la magie romantique. Magie romantique mise en exergue dans sa complexité et ses paradoxes principalement lors de la Sonate n° 2 de Schumann qui s’est imposée grâce à un tempérament tranché et équilibré dicté tantôt par une ardeur frénétique -des plus présentes aussi dans l’interprétation de Funérailles de Liszt dont la puissante déclamation a subjugué l’auditoire tel un glas fracassant- et tantôt par un lyrisme intime propre à Eusébius et à sa poésie envoûtante. Pour parfaire sa palette sonore, nous a dévoilé un caractère gracieusement espiègle dans une Grande Valse Brillante scintillante et tournoyante sans pour autant tomber dans l’extravagance d’un rubato déplacé et sans distinction, bien au contraire.

Pour ajouter à la richesse des couleurs proposées, Guillaume Coppola a conclu ce concert par des Feux d’artifice brillants et éclatants de virtuosité et de spontanéité avant de nous transporter subitement dans un tendre Rêve d’amour qui a conquis le public en lui permettant une évasion dans un songe tendrement pathétique et délicatement sensuel. Un moment musical marqué par la succession d’impressions ressenties qui ne laissait plus l’auditoire maître de ses sentiments, à son plus grand plaisir. Un jeune talent qui, espérons le, entrera rapidement dans la « cour des grands ».

Le samedi 5 mars 2005 de 13h à 15h sur France Musiques, Guillaume Coppola sera l’invité de Gaelle Le Gallic lors de l’émission Dans la cour des grands.

Crédit photographique : © DR

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Paris, Centre Historique des Archives Nationales, 15-I-2005. Claude Debussy (1862-1918) : Feuilles Mortes, La Puerta del Vino, Feux d’artifice (extraits des Préludes, Livre II). Franz Schubert (1797-1828) : Impromptu en la b majeur opus 142 n° 2. Frédéric Chopin (1810-1849) : Valse en ut # mineur opus 64 n°2, Valse en mi b majeur opus 18. Sergeï Rachmaninov (1873-1943) : Prélude en ut # mineur opus 3 n°2. Franz Liszt (1811-1886) : Funérailles (extrait des Harmonies poétiques et religieuses), Troisième Rêve d’amour. Robert Schumann (1810-1856) : Sonate n° 2 en sol mineur opus 22. Guillaume Coppola, piano.

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