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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 10-II-2005, Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après-midi d’un faune ; Fantaisie pour piano et orchestre, Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano et orchestre en sol majeur, César Franck (1822-1890) : Symphonie en ré mineur. Jean-Yves Thibaudet, piano. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

tce_thibaudet-300x220On ne se lasse jamais de voir maestro Masur diriger. Clarté, respect de l’œuvre, élégance, finesse, charisme et générosité ont une nouvelle fois marqué la direction de ce grandissime chef d’orchestre à la tête d’un scintillant.

Ce très beau concert s’est ouvert avec le Prélude à l’après-midi d’un faune créé triomphalement à Paris le 22 décembre 1894. Composé entre 1892 et 1894, ce chef-d’œuvre inspiré de Mallarmé révèle un poète de la musique. Par ses harmonies lumineuses, son rythme intérieur, Debussy fait souffler sur la musique un vent de liberté, loin des formalismes et des académismes de toutes sortes, passant de l’impressionnisme le plus subtil à la modernité la plus authentique. Il substitue le sentiment à la rhétorique, la sensation à la forme, la pureté à la complexité. Mallarmé, ébloui par l’œuvre remercia ainsi Debussy :

« Sylvain d’haleine première
Si la flûte a réussi,
Ouïs toute la lumière
Qu’y soufflera Debussy. »

a offert une direction chatoyante d’une extraordinaire finesse, révélant toute la beauté de la palette orchestrale de Debussy, le charme envoûtant de la partition, son onirisme, sa délicate volupté avec une flûte, des bois et des cordes qui furent un enchantement. Luxe, calme et volupté.

Suivait la Fantaisie pour piano et orchestre de Debussy, écrite en 1889-1890 et créée simultanément par à Londres et Marguerite Long à Lyon, le 20 novembre 1919. Souvent remaniée par le compositeur, cette œuvre méconnue témoigne de la fertilité musicale, de la finesse et de la sensibilité de Debussy. Par son expressivité, sa poésie et sa musicalité élégante, l’excellent pianiste , ancien élève d’Aldo Ciccolini et de Lucette Descaves, qui a bien connu Ravel et a collaboré avec lui, nous en a offert toute la beauté à la fois profonde et délicate. Le public a été conquis par le dialogue piano-orchestre du premier mouvement mené avec une grande subtilité par le pianiste et le chef jusqu’au rutilant feu d’artifice des vents et des cuivres qui concluent ce mouvement, avant la grande pureté des lignes mélodiques qui vont suivre. Tout au long de l’œuvre, l’équilibre était précis, clair et d’une grande élégance de forme.

Accompagné par un Orchestre National brillant, a mis toute la richesse et l’éclat de sa palette sonore, toute la souplesse et le chic de son jeu, la luminosité d’un toucher plein et son sens des nuances au service du Concerto pour piano et orchestre en sol majeur de Ravel que le compositeur avait failli intituler Divertissement. Ecrit entre 1929 et 1931, il fut créé le 14 juillet 1932 à la salle Pleyel par Marguerite Long et l’Orchestre des Concerts Lamoureux sous la direction de Ravel lui-même. Composée parallèlement au Concerto pour la main gauche, c’est une des plus belles œuvres de Ravel.

La rencontre entre le pianiste et la luxuriance de l’orchestre voulue par est un régal absolu. Dans une architecture sonore éblouissante, magnifiquement dévoilée par le chef, on passe d’une débauche festive rutilante, avec de superbes réminiscences jazzy qui swinguent (Ravel adorait le jazz qui faisait ses premières apparitions en France), à la rêverie des magnifiques bois et vents qui dialoguent avec le piano dans une féerie subtile de reflets, d’échanges, de regards.

Ce concert magnifique s’est achevé sur un climat intense de ferveur mystique et humaine avec la Symphonie en ré mineur de écrite en 1887-1888 et créée le 17 février 1889 aux Concerts du Conservatoire sous la direction de Jules Garcin. L’orchestre la sert avec une force, une fougue, une vision ardente, loin des mysticismes académiques, surannés et étouffants auxquels on a été souvent soumis avec cette œuvre de la maturité de .

Crédit photographique : (c) DR

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 10-II-2005, Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après-midi d’un faune ; Fantaisie pour piano et orchestre, Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano et orchestre en sol majeur, César Franck (1822-1890) : Symphonie en ré mineur. Jean-Yves Thibaudet, piano. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

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