Festival Brahms à l’Orchestre de Paris avec Julia Fischer

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Théâtre Mogador. 16-II-2005. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur opus 77 ; Symphonie n°4 en mi mineur opus 98. Julia Fisher, violon. Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach.

Festivités brahmsiennes

L’ convie les Parisiens à un festival Brahms d’une grande richesse. Les chefs-d’œuvre vont se succéder après le concert d’ouverture de ce 16 février avec le célèbre Concerto pour violon et orchestre et la Symphonie n°4.

C’est en 1878 que Brahms écrit son Concerto pour violon et orchestre à l’intention de son ami Josef Joachim, le grand violoniste hongrois. Il est créé le 1er janvier 1879 à Leipzig par Joachim, sous la direction de Brahms lui-même. Auparavant, le violoniste a demandé au compositeur quelques modifications pour cette œuvre virtuose qui, malgré un accueil favorable, sera longue à s’imposer au répertoire de l’Europe latine. Ce Concerto qui exige beaucoup du violoniste est devenue une des grandes pages de violon grâce à ce dialogue magistral entre l’archet et l’orchestre. Plus que de la virtuosité, le compositeur a écrit dans un grand embrasement orchestral une partition violonistique d’une redoutable difficulté technique. Dés le premier mouvement allegro non troppo construit en forme sonate, on perçoit l’éclat du violon jusqu’à la cadence finale pour laquelle le compositeur permettait aux violonistes de l’écrire. Joachim comme Kreisler, pour ne citer que ces deux immenses musiciens, ont écrit la leur.

C’est la jeune violoniste allemande Julia Fisher, une virtuose de 20 ans, qui s’est lancée à l’assaut de ce monument musical. Pour la cadence finale du 1er mouvement, elle a choisi de jouer celle de Joachim et ce fut superbe. Tout au long de l’œuvre, sa maîtrise technique, sa virtuosité qui se joue de toutes les difficultés techniques furent époustouflantes. Une grande leçon de violon. Elle était en parfait accord avec un sonnant particulièrement bien. Le dialogue orchestre-violon de l’adagio était éblouissant d’ampleur et d’éclat à la fois serein et tourmenté avant de s’achever dans un allegro giocoso ma non troppo vivace brillamment enlevé par le chant d’un violon porté à des sommets d’incandescence. Toutes ces qualités n’ont pas empêché de ressentir par moments un étrange sentiment d’austérité avec une dynamique imposée par le chef qui ôtait souffle et rayonnement. Les rappels avec Sarabande de ré mineur de Bach, le 3ème mouvement de la 2ème Sonate d’Hindemith et le 2ème Caprice de Paganini témoignèrent de la perfection du jeu à la fois ardent et gracieux de cette jeune artiste en route pour le firmament des violonistes.

Suivit la Symphonie n°4 qui triompha lors de sa création le 25 octobre 1885 à Meiningen, sous la direction de Brahms. Cette avant-dernière œuvre orchestrale de Brahms, avec ses couleurs d’une grande richesse, son finale en forme de chaconne en hommage à Bach est son apothéose symphonique. Elle résume le parcours du compositeur.

conduit le ton élégiaque frissonnant du thème de l’allegro non troppo initial jusqu’à un tumulte expressif et fougueux plein de mélancolie. Puis vient l’intériorité du mouvement lent exprimé en toute beauté par les vents de l’orchestre. On devine alors les grandes étendues du nord, ses légendes oniriques et on perçoit clairement la force de l’influence du folklore populaire allemand chez Brahms. Le scherzo de l‘allegro giocoso mené sans coup férir par le chef et l’orchestre impose son rythme, sa verve et son optimisme. L’allegro energico e passionato du finale construit en Chaconne avec trente-cinq variations sur un thème de la cantate BWV 150 Nach dir, Herr verlanget mich (Vers Toi, Seigneur, mon âme aspire) de Bach achève en majesté cette exaltante symphonie menée à un rythme soutenu (trop parfois) par la direction de .

Crédit photographique : © DR

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