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Thomas Quasthoff : un artiste complet

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Cologne. Philharmonie. 13-III-2005. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1789)  : Don Giovanni, KV 527, ouverture et air « Madamina, il catalogo e questo » ; Idomeneo re di Creta KV 366, marche des prêtres ; « Così dunque tradisci…Aspri rimorsi atroci » KV 432 ; Thamos, König in Ägypten KV 345, Zwischenaktmusik n°5 ; Symphonie n°31 en ré majeur KV 297 ; « Per questa bella mano » KV 612 ; Haffner-Serenade KV 250, Andante n°6 ; « Mentre ti lascio, o figlia » KV 513. Thomas Quasthoff, baryton-basse. Freiburger Barockorchester, direction : Gottfried von der Goltz.

Quatre airs seulement au programme, ce n’est pas beaucoup. C’est même très peu pour un récital. Et pourtant, dans ces morceaux, dans cette petite demi-heure de musique nous offre un artiste complet qui se révèle – il s’appelle .

Tout commence par l’air du catalogue de Don Giovanni. On y entend une voix suffisamment ample, certes, pour la «grande maestosa», mais généralement assez claire et légère. En jouant avec les paroles comme avec les couleurs vocales, Quasthoff trouve, dès la première mesure, le ton juste pour exprimer la fine ironie que requiert l’air de Leporello – et cela, sans jamais renchérir. Quelques minutes après, tout change. Dans l’air de concert «Così dunque tradisci…Aspri rimorsi atroci», que Mozart composa pour Ludwig Fischer, le premier Osmin, Quasthoff déploie une vraie voix de basse, ronde et chaude, capable d’accents dramatiques et dotée des graves qui devraient faire rougir bien des basses soi-disant profondes.

Après l’entracte, dans «Per questa bella mano» et «Mentre ti lascio, o figlia», parcourt encore tranquillement plus de deux octaves, nous offre son plus beau legato et nous montre combien de nuances il existe entre mezzoforte et pianissimo. A la fin du dernier air, le public se lève comme un seul homme. Quasthoff les remercie avec l’air de Sarastro «In diesen heil’gen Hallen», une interprétation profondément humaine et, à la fois, d’une beauté quasi surhumaine.

Cependant, l’enthousiasme du public ne concerne pas que Thomas Quasthoff. Le , dirigé par son premier violon Christoph von der Goltz, remporte également un succès bien mérité. Car, contrairement aux habitudes germaniques, il ne s’agit pas d’une formation de troisième classe qui accompagne sans grand enthousiasme une star tout en «meublant» le programme de quelques interludes. Au contraire, les Freiburger sont un orchestre jeune et motivé. Le fait de ne pas avoir de chef devant eux les rend dépendants l’un de l’autre et les contraint à s’écouter. Les contraint? Mais non, ils y prennent un énorme plaisir – un plaisir qui se transmet immédiatement au public.

Crédit photographique : © Jim Rakete

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Cologne. Philharmonie. 13-III-2005. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1789)  : Don Giovanni, KV 527, ouverture et air « Madamina, il catalogo e questo » ; Idomeneo re di Creta KV 366, marche des prêtres ; « Così dunque tradisci…Aspri rimorsi atroci » KV 432 ; Thamos, König in Ägypten KV 345, Zwischenaktmusik n°5 ; Symphonie n°31 en ré majeur KV 297 ; « Per questa bella mano » KV 612 ; Haffner-Serenade KV 250, Andante n°6 ; « Mentre ti lascio, o figlia » KV 513. Thomas Quasthoff, baryton-basse. Freiburger Barockorchester, direction : Gottfried von der Goltz.

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