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Une carte blanche à Alexandros Markeas

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Paris. Péniche-Opéra. 04-IV-2005. Une carte blanche à Alexandros Markeas (né en 1970) : Perilepsis ; Miroir, mon beau miroir ; Taximi ; Cinq souvenirs involontaires ; Composition verticale. Avec les musiciens de l’ensemble instrumental Ars Nova : Isabelle Veyrier, violoncelle ; Florent Calvo, bouzouki ; Alain Tresallet, alto et le Quatuor de saxophones Habanera : Sylvain Malezieux, Fabrizio Mancuso, Gilles Tressos et Christian Wirth.

5ème Festival Extension du domaine de la Note

Pour sa cinquième édition, le festival Extension du domaine de la Note conçu par son directeur David Gisse proposait six concerts et spectacles dans trois lieux différents : au Théâtre Silvia Monfort pour la majorité des manifestations, à basée à Alfortville et, ce lundi 4 Avril à la Péniche Opéra pour un concert monographique du compositeur grec Alexandros Markéas. Arborant le titre risqué de « Nuisances sonores », les œuvres au programme mettaient en jeu les sources instrumentales et l’électronique grâce à un dispositif d’écoute judicieusement adapté à ce lieu atypique et toujours très convivial qu’est la Péniche.

Rappelons qu’après ses prix d’écriture et de composition au CNSM de Paris dans les classes de Guy Reibel, Michael Lévinas et Marc-André Dalbavie, Akexandros Markeas est sélectionné pour suivre le cursus annuel de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM et qu’il poursuit actuellement des recherches dans le domaine du théâtre musical et de la musique pour l’image.

Il y avait en effet un écran sur la scène pour l’interprétation de Miroir, mon beau miroir…, duo pour un violoncelle et son double sur vidéo. C’est plus exactement sur la trajectoire de l’archet d’un violoncelliste non identifiable que se focalise l’image apparaissant en alternance avec les interventions en direct d’Isabelle Veyrier très investie dans ce duel sans concession. Au centre du vaisseau cette fois, Florentino Calvo au Bouzouki – rappelant les origines grecques du compositeur- interprétait Taximi – du mot arabo-persan Taksim désignant une partie musicale improvisée-. L’environnement informatique qui réinjecte le son instrumental dans les haut-parleurs se charge de nous faire oublier le côté pittoresque de l’instrument traditionnel engendrant ici des constellations sonores inouïes. Retour aux sources encore mais sans le recours de l’électronique avec les danses aux rythmes composés de la Grèce revisitée dans les Cinq souvenirs involontaires pour alto et violoncelle. Comme dans toute la musique de Markéas, c’est l’énergie du geste et le travail approfondi sur le rythme qui donne au discours son relief et son élan vital. On pouvait apprécier à travers Périlepsis pour saxophone alto et électronique le jeu interactif des deux sources sonores instrumentale et électroacoustique élaborant ici une polyrythmie subtile. L’effet était démultiplié dans Composition Verticale pour quatuor de saxophones et sons enregistrés que Markéas fait circuler entre différents points de diffusion dans l’espace.

Saluons l’initiative toujours bienvenue d’un concert monographique permettant d’aborder l’univers d’un compositeur sous les différentes facettes de son art. Du bouzouki à l’électronique, Alexandros Markéas nous révèle un cheminement original qui tend à faire revivre à travers une expression contemporaine les éléments d’une tradition populaire profondément ancrée dans son vécu d’artiste.

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Paris. Péniche-Opéra. 04-IV-2005. Une carte blanche à Alexandros Markeas (né en 1970) : Perilepsis ; Miroir, mon beau miroir ; Taximi ; Cinq souvenirs involontaires ; Composition verticale. Avec les musiciens de l’ensemble instrumental Ars Nova : Isabelle Veyrier, violoncelle ; Florent Calvo, bouzouki ; Alain Tresallet, alto et le Quatuor de saxophones Habanera : Sylvain Malezieux, Fabrizio Mancuso, Gilles Tressos et Christian Wirth.

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