La Scène, Opéra, Opéras

Extraordinaire Sumi Jo

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 16-IV-2005. Vincenzo Bellini : (1801-1835) La Sonnambula, Mélodrame en 2 actes, livret de Felice Romani. Amina : Sumi Jo, Elvino : Antonino Siragusa, Conte Rodolfo : Michele Pertusi, Lisa : Rena Granieri, Teresa : Jamila Kamal Babayeva, Alessio : Enrico Marabelli, Un notaro : Marc Coulon. Chœurs de la Monnaie. Chef des chœurs : Piers Maxim. Orchestre symphonique de la Monnaie, konzertmeister : Zygmunt Kowalski. Direction musicale : Maurizion Benini.

La Sonnambula

L’opéra en version de concert est un genre qui se porte bien en Belgique, après un Mose in Egitto de Rossini organisé par l’Opéra Royal de Wallonie en début de saison et la très récente Giovanna d’Arco du Vlaamse Opera, c’était au tour du Théâtre Royal de la Monnaie avec une Sonnambula qui a fait un crochet par le Concertgebouw d’Amsterdam entre deux concerts à Bruxelles. C’était donc l’ambiance des grands soirs au Palais des beaux-Arts, pris d’assaut par un public chauffé à blanc pour l’occasion, et qui a fait un triomphe à une distribution qui, surtout dans le cas du rôle-titre, avait suscité quelques doutes parmi les connaisseurs. Le moins qu’on puisse dire est que ces doutes ont été balayés par la prestation de qui, n’ergotons pas, a été tout simplement extraordinaire de classe vocale et d’une virtuosité insolente.

Après un début de premier acte un peu précautionneux, la soprano coréenne se libère dans une première scène de somnambulisme d’anthologie, dispensant dès lors sans compter aigus triomphants, pianissimi extatiques et vocalises aériennes. Maîtresse de la pyrotechnie vocale, sait également apporter nuances et délicatesse, phrasant avec raffinement, et donnant d’innombrables couleurs à son chant. Faisant naître l’émotion par la grâce de sa seule technique vocale, elle se montre bouleversante dans « Ah! non credea mirarte » tout en légèreté et en intériorité, avant d’éblouir dans une strette finale à couper le souffle. Chantant Elvino, le ténor se montre à la hauteur de cette Amina exceptionnelle. Le timbre, suave, est gorgé de soleil, le chanteur est très stylé, et si on peut lui reprocher une émission un peu nasale et une certaine tendance à crier ses aigus, l’enthousiasme et la passion qu’il donne à son chant emportent l’adhésion. Une belle découverte que ce ténor. campe un comte Rodolfo solide et bien chantant, mais on le sent bridé, les planches doivent lui manquer. Timbre somptueux, il se montre très sobre dans son difficile air du premier acte. Belle Lisa de Rena Granieri, qui assume crânement « De ‘lieti auguri a voi son grata », aux vocalises légèrement bousculées mais aux aigus magnifiques. Teresa et Alessio sont moins intéressants : Jamila Babayeva a un timbre banal et chante sans raffinement dans un italien guttural, alors qu’Enrico Marabelli, manquant de projection, est difficile à entendre.

Les Chœurs de la Monnaie se montrent à leur affaire, cohésion parfaite, fraîcheur des timbres, très belle prononciation de l’italien, ce fut une très bonne prestation, tout comme celle d’un orchestre appliqué et enthousiaste. , en grand professionnel spécialiste de ce répertoire, dirige avec énergie et entrain, il laisse respirer ses chanteurs, mais les couvre trop souvent dans les grandes pages avec chœurs.

Public nombreux et enthousiaste, nous l’avons dit, chaque air est chaleureusement applaudi, plusieurs rappels à l’entracte, et une ovation debout à la fin, pour un concert jubilatoire.

Crédit photographique : © J Henry Fair

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 16-IV-2005. Vincenzo Bellini : (1801-1835) La Sonnambula, Mélodrame en 2 actes, livret de Felice Romani. Amina : Sumi Jo, Elvino : Antonino Siragusa, Conte Rodolfo : Michele Pertusi, Lisa : Rena Granieri, Teresa : Jamila Kamal Babayeva, Alessio : Enrico Marabelli, Un notaro : Marc Coulon. Chœurs de la Monnaie. Chef des chœurs : Piers Maxim. Orchestre symphonique de la Monnaie, konzertmeister : Zygmunt Kowalski. Direction musicale : Maurizion Benini.

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