Thierry Pécou sous le signe de la danse

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Thierry Pécou (1965) : Quelqu’un parle du tango ; Brèves du Jaguar ; Sous l’aile du vent ; Sikus ; La fête malgache ; Salsa d’Elissa. Sylvie Sullé, mezzo-soprano ; Florent Jodelet, percussions, Ensemble Zellig (Magali Monnier, flûte ; Etienne Lamaison, clarinette et clarinette basse ; Laurent Cabaret, trombone ; Marc Vieillefon, violon ; Takane Funatsu, violon ; Sylvia Lenzi, violoncelle ; Bruno Grare, cajon, timbalès, congas, marimbas, steel-drum ; Chantal Santon, Florence Barreau-Zuretti, Alexandra Gouton, soprani ; Katalin Varkonyl, mezzo-soprano ; Hélène Moulin, contralto). Thierry Pécou, piano et direction. Ensemble Yaki Kandru (instruments amérindiens) dirigé par Jorge Lopez Palocio et Sylvie Blasco. 1 CD Intégral Classic 221. 330. Enregistré en janvier, octobre, novembre 2003 et février 2004. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 60’51

 

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Toutes les œuvres présentées dans cet album font référence à un modèle sonore que emprunte à différentes sources, celles des civilisations anciennes d’Amérique comme le monde Maya dans les Brèves du Jaguar ou Sikus pour violoncelle et dispositif électroacoustique, celles du Brésil ou d’Argentine — quelqu’un parle au Tango, la Salsa d’Elissa — ou encore de Madagascar.

(1965) cherche l’inspiration dans le dépaysement pour, dit-il, « se marginaliser volontairement par rapport à son milieu culturel quotidien ». Sa curiosité de voyageur l’amène à collaborer avec des archéo-musicologues comme Monica Gudémos menant des recherches approfondies sur les cultures andines pour aller à la source de matériaux sonores les plus divers. Autant d’éléments précieux qui nourrissent l’imaginaire du compositeur procédant, dans Sikus, à une reconstitution sonore personnelle et inventive assistée par un dispositif électroacoustique. Pièce emblématique de sa démarche créatrice, Sikus — nom aymara des flûtes de pan — relève du processus de « déviation des signes » dans le sens où le modèle d’origine fait l’objet « d’une translation toute personnelle ». Tels aussi le tango et la salsa dont il fait éclater le modèle en choisissant un univers instrumental légèrement « décalé » propice aux trouvailles sonores et rythmiques pleines de verve et d’humour. Il y a dans la musique de Pécou une jouissance du son et une vitalité du rythme dont les allures répétitives conduisent à la transe. Dans les Brèves du Jaguar — une commande de Radio France pour la série des alla breve — il mêle aux instruments la couleur des mots, ceux de la langue maya qui confère à la musique une aura de mystère et d’inconnu. Ecrit sur le poème d’une jeune fille de dix sept ans, la Fête malgache restitue le charme sonore des instruments traditionnels en une hétérophonie bigarrée dans laquelle se coule la voix chaleureuse de Sylvie Sullé. A l’ensemble Selig s’associent pour l’occasion les membres de Yaki Kandru jouant sur des instruments amérindiens tels que les tumbadoras. Servie par une qualité d’enregistrement exemplaire, c’est une musique totalement physique à laquelle nous convie le compositeur, une musique qui passe par le corps, véhiculant ses saveurs, sa lumière et ses éclats colorés.

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