Berezovsky ou l’âme russe de Rachmaninov

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Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Prélude en ut dièse mineur op. 3 n°2, Lento ; 10 préludes op. 23 ; 13 préludes op. 32. Boris Berezovsky, piano. 1 CD Mirare MIR004. 77’50’’. 2005.

 

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En ce début de XXe siècle, reste le symbole du pianiste virtuose par excellence. Adulé du public et profondément aimé des femmes, le russe rayonne au concert en imposant une image faite de hauteur et de grâce, entretenant le mystère de « l’âme slave » en se présentant invariablement avec l’air triste et détaché des stars éternelles avant d’offrir le meilleur des partitions de Beethoven, Chopin ou Schumann…

N’oublions pas ses propres compositions comme le Prélude en ut dièse mineur qui lui sera demandé pratiquement à chaque concert et ses Nocturnes qui auront été très appréciées, en leur temps, par un certain Tchaïkovsky. Contraint de quitter le pays après les événements de 1917, le compositeur a le vague à l’âme du russe expatrié et c’est en Suisse qu’il trouve un repos temporaire en recréant l’isba de son enfance et en y établissant les fondations d’une véritable vie de famille. Il part pour les Etats-Unis en 1943, toujours et encore poussé par la peur de la guerre. C’est aussi le bout du chemin, Rachmaninov y meurt d’un cancer le 28 mars de la même année. Outre le spleen du Wanderer, l’homme était aussi capable d’extravagances. Passionné de vitesse, il partage son adrénaline entre les sports mécaniques et le jeu. Le Concerto pour piano n°2 est peut-être une des plus belles démonstrations de cette énorme personnalité alliant la maîtrise technique à une sensibilité on ne peut plus à fleur de peau. On ne lui reproche alors plus d’être « catégorisé » dans la famille des « post romantiques tardifs », Rachmaninov est et restera!

Faut-il avoir l’âme russe pour mettre totalement en valeur la musique du grand Sergueï?  est peut-être le pianiste qui saura nous donner une réponse sans équivoque. Ses précédents enregistrements de la sonate n°1 de Rachmaninov et son disque Ravel (chez Teldec) ont fait l’unanimité de la presse spécialisée. Mirare nous propose d’entendre le « Premier Prix du Concours International Tchaïkovsky » dans un exercice de style périlleux. Inspirés de Chopin et de Debussy, les Préludes de Rachmaninov enchaînent tour à tour, technique, extravagance et retenue. Le pianiste russe a su naturellement capter l’âme slave et nous la restituer en intégralité. On ne peut alors qu’être en accord avec ce disque où nous pourrions entrevoir l’âme de Rachmaninov à travers les mains expertes de l’artiste.

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