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Saint-Denis, Basilique. 24-VI-2005. Richard Strauss (1864-1949) : les Quatre derniers Lieder  ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°9 en ré mineur. Soprano : Deborah Voigt. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

Festival de Saint Denis

Depuis 1969, le festival de Saint Denis s’affirme comme un rendez-vous musical incontournable en Ile de France. Et cela avec le soutien inconditionnel des élus locaux comme Patrick Braouzec, député de Seine St Denis et ancien maire, du Conseil Général 93 conscient des enjeux sociaux de ce festival exceptionnel dont le succès ne cesse de s’amplifier d’année en année. Cela, grâce à son directeur Jean-Pierre Le Pavec, programmateur exigeant tant sur la qualité des œuvres que sur le choix des interprètes. Il en a fait un des hauts lieux de la musique fréquenté par un public enthousiaste, passionné, généreux, loin des chichis, des modes et des mondanités de certains temples parisiens. Plus de 4000 élèves des écoles, collèges et lycées assistent aux concerts, aux générales, préparées par des ateliers et des rencontres avec les musiciens. et l’ sont de retour au Festival de Saint Denis pour une nouvelle entrée dans les plus hauts sanctuaires de la musique.

Grande interprète de et de Wagner, la soprano américaine était au rendez-vous de cette soirée magnifique pour un programme consacré au crépuscule de Strauss. Les Quatre derniers Lieder de Strauss composés en 1948 sont une des plus belles pages vocales du compositeur. C’est aussi un dernier et vibrant hommage du compositeur tant à la voix ronde de soprano qu’à la profondeur de la pâte orchestrale. Le dernier chant du cycle, Im Abendrot (dans le soleil couchant), donne la matière et la couleur musicales de l’œuvre : sombre, crépusculaire, toujours ardente ; un adieu assumé et inspiré avec sa mélodie de toute beauté qui s’achève sur un pianissimo magistralement dirigé par le grand chef allemand à la tête d’un rutilant de beauté, d’élégance et de luminosité. On ne peut rester insensible à la clarté de la voix de , à son interprétation vibrante d’émotion et d’intensité. L’accompagnement sublime de l’orchestre était à la hauteur du timbre et des pulsations intimes et bouleversantes d’une voix étreinte de tristesse, de nostalgie et d’amour.

La structure des œuvres de Bruckner s’apparente au Beethoven de la Missa Solemnis et de la symphonie n°9 ainsi qu’au Schubert de la symphonie en ut. A cela s’ajoute l’admiration de Bruckner pour Wagner dont l’influence ne sera pas négligeable sur le plan de l’instrumentation. Toutefois, ses œuvres sont d’une grande et totale originalité. La 9ème symphonie de Bruckner est inachevée. Il y travaillait encore l’année de sa mort en 1896. Il affirma qu’elle ne devait être « consacrée qu’à Dieu s’Il veut bien l’accepter ». C’est un acte de foi bouleversant, une œuvre monumentale, d’une profondeur spirituelle, d’une piété et d’une force éclatantes, d’une beauté à couper le souffle par la rutilance des couleurs orchestrales, notamment les cuivres. La direction de Kurt Masur était impressionnante de justesse et de ferveur. Sa puissance et son amplitude ont su toucher un public subjugué. La force de la fin du premier mouvement était apocalyptique. Il y avait une magnifique énergie libératoire enveloppant le Scherzo, sa violence faisant place à la sérénité retrouvée dans un grand mouvement de couleurs. Les cuivres étaient magnifiques de brillance dans cette masse sonore qui passe du tourment à la prière. Enfin, il y avait toute l’émotion de l’Adagio qui clôt cette œuvre d’éternité.

Crédit photographique : © Devon Dass

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Saint-Denis, Basilique. 24-VI-2005. Richard Strauss (1864-1949) : les Quatre derniers Lieder  ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°9 en ré mineur. Soprano : Deborah Voigt. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

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