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Alexandre Tharaud refait son Musée d’Orsay

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Paris, Musée d´Orsay. 23-VI-2005. Franz Schubert (1797-1928) : Danses allemandes D. 783 (extraits) ; Valses sentimentales D. 779 (extraits) ; Valses nobles D. 969 (extraits) ; Maurice Ravel (1875-1937) : Valses Nobles et sentimentales ; Pavane pour une Infante défunte ; Gaspard de la Nuit. Alexandre Tharaud, piano.

Ce que Roger Muraro avait accompli en une soirée – ô combien mémorable – l´année dernière au TCE, l´organise en trois concerts associant à la musique de piano de Ravel d´autres références musicales, celle de Schubert pour la valse ou celle de Couperin lorsqu´il s´agit d´interpréter l´hommage fait par Ravel à ce grand Maître « classique ». Le concert du 23 Juin débutait donc par une série de danses dont Schubert est toujours resté friand, aimant retrouver dans son écriture savante la saveur du Volkston ou ton populaire.

Ce sont de courtes pièces sans prétention qui devaient enchanter les soirées entre amis, les fameuses Schubertiades réunissant poètes et musiciens. en restitue tout le charme et la belle simplicité dans un jeu sobre et retenu qui privilégie l´articulation et la netteté des contours. Pudeur et détachement, ces deux attitudes très ravéliennes semblent bien être aussi celles de notre pianiste. A l´intimité de ton des Valses autrichiennes succédaient l´élégance et le mouvement stylisé des Valses Nobles et Sentimentales dont Alexandre Tharaud nous fit apprécier la transparence de texture et la clarté des lignes. Plus de noblesse, en fait, que de sentiment dans ce jeu « racé » qui recherche l´épure. Telle fut aussi l´interprétation de la Pavane pour une Infante défunte que notre interprète « relit » avec une sorte d´objectivité exempte de tout sentimentalisme.

Il terminait la soirée par l´œuvre maîtresse de Ravel, Gaspard de la Nuit – d´après les poèmes en prose de son ami Aloysius Bertrand – œuvre que le compositeur n´envisagera jamais d´orchestrer. Si la sonorité manquait un peu de velouté pour l´ondoiement continu d´Ondine, Alexandre Tharaud imposait de façon imperturbable dans le Gibet la rigueur du si bémol obsessionnel tandis qu´il faisait jaillir dans Scarbo des éclairs multicolores : saisissante interprétation de la part de cet artiste qui privilégie l´énergie du geste et l´éclat des sonorités.

Avec un humour à la Satie, Alexandre Tharaud enchaîna les bis, pas moins de cinq rappels honorés chaque fois par une courte pièce d´un des « proches »de Ravel : une suite improvisée, presque un mini-récital qui fit se succéder, tels qu´il les annonça, Messieurs Poulenc, Milhaud, Satie et Rameau, tous abordés avec la finesse, l´élégance et la mesure qui font de ce pianiste le maître de la grâce et de la poétique sonore.

Crédit photographique : © DR

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Paris, Musée d´Orsay. 23-VI-2005. Franz Schubert (1797-1928) : Danses allemandes D. 783 (extraits) ; Valses sentimentales D. 779 (extraits) ; Valses nobles D. 969 (extraits) ; Maurice Ravel (1875-1937) : Valses Nobles et sentimentales ; Pavane pour une Infante défunte ; Gaspard de la Nuit. Alexandre Tharaud, piano.

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